L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été le théâtre d’un drame qui secoue profondément la communauté universitaire et l’opinion publique sénégalaise. Abdoulaye Ba, étudiant en Licence 2 de médecine dentaire à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (FMPO), a perdu la vie lundi, dans un contexte de fortes tensions sur le campus.
Le décès a été confirmé par le président de l’Amicale de la FMPO, Cheikh Atab Sagna, qui a précisé que l’étudiant est décédé à l’intérieur même de l’enceinte universitaire. Une annonce qui a immédiatement provoqué une vague d’émotion, de colère et d’incompréhension parmi les étudiants.
Ce drame survient alors que l’UCAD était secouée par des manifestations liées au paiement des arriérés de bourses, à la fermeture prolongée des restaurants universitaires et à la dégradation des conditions de vie estudiantine. Dès les premières heures de la journée, des affrontements ont éclaté entre étudiants et forces de défense et de sécurité, avec des jets de gaz lacrymogènes jusque dans les pavillons.
Plusieurs quotidiens nationaux décrivent une journée de chaos. Gaz lacrymogènes, scènes de panique, étudiants violentés ou asphyxiés dans leurs chambres : le campus s’est transformé en véritable champ de bataille. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des interpellations musclées et des étudiants en détresse, alimentant l’indignation.
À l’heure où ces lignes sont écrites, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités administratives ou sécuritaires pour établir les causes exactes du décès d’Abdoulaye Ba. Cette absence de clarification renforce la tension et nourrit les interrogations au sein de la communauté universitaire.
La mort de cet étudiant relance avec force le débat sur la gestion des crises universitaires, l’usage de la force sur les campus et la nécessité d’un dialogue urgent entre les autorités et les étudiants. Pour beaucoup, il s’agit d’une mort de trop.
