Dakar, 7 mars 2026. La presse quotidienne de ce vendredi est dominée par deux sujets majeurs : la clôture officielle de l’affaire Softcare, avec un ministre de la Santé qui blanchit l’entreprise malgré des voix discordantes, et le rapprochement de Diomaye avec la coalition « Diomaye-Président », perçu par certains comme un éloignement progressif de son parti PASTEF. Un vendredi riche en enseignements politiques et sanitaires.
Affaire Softcare : le ministre de la Santé ferme le dossier, des doutes persistent
« Aucun risque sanitaire avéré » : la position officielle
C’est la conclusion que le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a livrée lors d’une conférence de presse très attendue. Après une enquête menée par une mission conjointe composée d’experts des ministères de la Santé, du Commerce et d’un représentant de l’Assemblée nationale, le verdict est sans appel selon l’autorité de tutelle.
Le Soleil rapporte qu’« aucun élément scientifique ne permet d’établir un risque sanitaire » lié aux produits Softcare. Le Quotidien précise qu’après une enquête « rigoureuse mêlant expertises techniques et inspections de terrain », aucune preuve n’étaye l’utilisation de matières premières périmées dans les produits commercialisés. L’As conclut sobrement : « C’est la fin du feuilleton dit affaire Softcare », après des mois de supputations.
Le ministre Ibrahima Sy, dont les propos font la une de L’info, se montre catégorique : « Les conclusions sont sans équivoque. Aucune preuve ne démontre l’utilisation de matières premières périmées. Aucun risque sanitaire avéré n’a été établi concernant les produits en circulation. »
Rappel des faits : une polémique née d’une alerte pharmaceutique
Tout avait commencé en décembre dernier, quand l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) avait adressé un courrier aux professionnels de santé signalant « la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication » de produits Softcare destinés aux bébés, aux enfants et aux femmes. L’agence avait alors ordonné le retrait du marché des produits de la marque, avant de revenir sur sa décision une semaine plus tard — une volte-face qui avait alimenté la confusion.
Des voix discordantes, une controverse qui couve
Mais tout le monde n’est pas prêt à tourner la page. Yoor-Yoor note que malgré des « éléments jugés préoccupants par les services techniques », l’autorité de tutelle « a choisi de relativiser les conclusions du contrôle ». Le quotidien avertit que cette position « fragilise le dispositif de surveillance industrielle et ravive les inquiétudes quant à la sécurité sanitaire des consommateurs, en particulier des nourrissons et des femmes ».
Sud Quotidien ajoute une dimension judiciaire à l’affaire : le ministre n’écarte pas l’éventualité de poursuites que Softcare pourrait engager contre des inspecteurs de l’ARP, ceux-là même qui avaient lancé l’alerte initiale — une perspective qui soulève de sérieuses questions sur la protection des lanceurs d’alerte sanitaire au Sénégal.
Diomaye à l’AG de « Diomaye-Président » : un signal d’éloignement de PASTEF ?
Walfquotidien s’intéresse à l’autre événement politique du week-end : la participation du président Bassirou Diomaye Faye à l’Assemblée Générale de validation des textes fondateurs de la coalition « Diomaye-Président », tenue à Dakar. Pour le journal, ce choix n’est pas anodin : « En décidant de prendre part à cette assemblée générale, Bassirou Diomaye Faye s’éloigne de plus en plus de son parti PASTEF. »
Une lecture politique qui alimente les spéculations sur la volonté du chef de l’État de construire une base politique autonome, distincte du parti fondé par son Premier ministre Ousmane Sonko — dans un contexte où les tensions entre les deux hommes font régulièrement l’objet de commentaires dans la presse sénégalaise.
Article rédigé par la rédaction de sami24tv.com
