Touba, Ramadan 2026. Chaque soir du mois béni, la Grande Mosquée de Touba se transforme en un immense espace de partage et de solidarité. À l’initiative du dahira Moukhadimatoul Khidma, plusieurs centaines — voire milliers — de fidèles y rompent quotidiennement le jeûne, qu’ils soient résidents, ouvriers, commerçants ou simples passants. Une organisation millimétrée, des ressources considérables et une tradition vieille de plus de vingt ans, lancée sur instruction du cinquième khalife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké.

Une organisation bien huilée dès 17 heures

Dès la prière de 17 heures, les jeunes disciples mourides affiliés au dahira — groupement religieux chargé de la gestion de la Grande Mosquée — s’activent avec méthode. La répartition des tâches est précise et chaque membre connaît son rôle : certains s’occupent de la vaisselle, d’autres préparent le café ou le bissap, tandis qu’une équipe est dédiée à la mise en place des espaces d’accueil.

« Certains s’occupent de la vaisselle, d’autres préparent le café ou le bissap, tandis qu’une équipe est chargée de la mise en place », a expliqué à l’APS Serigne Abdou Lahat Bousso, président de la commission culture du dahira.

Peu avant l’heure de l’iftar, les habitués convergent vers la mosquée par petits groupes. Ouvriers, commerçants, talibés et passants de passage se retrouvent ainsi autour d’un même moment de communion et de solidarité, dans un cadre spirituel unique.


Des chiffres qui donnent le vertige

160 000 fidèles accueillis l’an dernier

Les données communiquées par Serigne Abdou Lahat Bousso témoignent de l’ampleur du dispositif. L’année dernière, durant le Ramadan, le dahira a enregistré au moins 160 000 personnes ayant rompu le jeûne à l’intérieur de la mosquée, soit une moyenne de plus de 3 000 fidèles par jour pendant tout le mois béni.

Près de 3 millions FCFA dépensés chaque jour

Pour assurer cette générosité à grande échelle, ce sont près de 3 millions de francs CFA qui sont mobilisés quotidiennement pour l’organisation des repas. Une partie de cette enveloppe est également consacrée à des actions sociales en faveur des personnes dans le besoin — illustrant la vocation doublement spirituelle et solidaire de l’initiative.


Une tradition née en 2005, sur instruction de Serigne Saliou Mbacké

Cette initiative n’est pas récente. Le dahira Moukhadimatoul Khidma a lancé ce ndogou à la Grande Mosquée de Touba en 2005, sur instruction expresse de Serigne Saliou Mbacké, cinquième khalife général des mourides, qui a guidé la confrérie de 1990 à 2007. Depuis lors, cette tradition s’est perpétuée et amplifiée, devenant l’un des rendez-vous incontournables du Ramadan à Touba.


Des ressources venues du Sénégal et de la diaspora

Les fonds mobilisés pour financer cette opération de solidarité proviennent essentiellement des contributions de bonnes volontés ainsi que de disciples mourides établis au Sénégal et dans la diaspora. Un élan de générosité transnational qui témoigne de la force du lien spirituel unissant les mourides du monde entier à leur cité sainte.


Des conférences thématiques pour nourrir les esprits

Au-delà du repas qui nourrit les corps, le dahira organise également chaque jour des conférences thématiques autour de sujets d’actualité, inspirés notamment des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du mouridisme. Un programme qui illustre la volonté du dahira de faire du Ramadan à Touba un moment de vivification spirituelle et intellectuelle autant que de solidarité.

Article rédigé par la rédaction de sami24tv.com

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