Si le fond des réformes fait l’unanimité au sein de la Coalition Diomaye Président, la forme, elle, commence à fissurer l’unité. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 27 avril 2026, Me Abdoulaye Tine a publiquement contesté la procédure d’urgence enclenchée par les députés de Pastef pour modifier les articles L.29 et L.30 du Code électoral. Pour l’avocat et allié du pouvoir, légiférer en solitaire est une erreur politique et juridique.

Dakar, Sénégal – C’est un allié de poids qui brise le silence. Me Abdoulaye Tine, figure de la résistance sous l’ancien régime, recadre le débat sur la révision électorale prévue ce mardi à l’Assemblée nationale.

Une urgence « non caractérisée » juridiquement

Le gouvernement et sa majorité parlementaire invoquent l’urgence pour faire passer ces modifications. Un argument que Me Tine balaie d’un revers de main :

  • Le calendrier : « La prochaine élection présidentielle n’est prévue qu’en 2029 (rectifié par rapport à 2027) », rappelle-t-il. Selon lui, aucun impératif calendaire ne justifie de précipiter le vote.
  • Le précédent CEDEAO : Expert de ces questions (il avait attaqué la loi sur le parrainage en 2018), il estime que court-circuiter les consultations habituelles fragilise la légalité de la réforme.

Le consensus sacrifié sur l’autel de l’unilatéralisme ?

L’avocat partage l’objectif de mettre fin à l’inéligibilité automatique (instrumentalisation de la justice), mais il dénonce la démarche :

  1. Contradiction : On ne peut pas avoir organisé des Assises de la Justice et un Dialogue national pour finalement décider seul à l’Assemblée.
  2. Exclusion : L’opposition et la société civile n’ont pas été associées à la rédaction finale du texte présenté par les députés de Pastef.
  3. Rupture de confiance : Pour Me Tine, cette méthode substitue une « logique unilatérale » à l’élan unitaire qui avait été laborieusement construit.

Un rappel à l’ordre symbolique

Me Abdoulaye Tine n’est pas n’importe quel contestataire. En rappelant son passé au sein du M23 et ses combats judiciaires internationaux, il envoie un message clair à ses alliés : la « Rupture » promise doit aussi s’appliquer à la manière de fabriquer la loi.

Cette sortie intervient alors que le climat est déjà « électrique » à l’approche de la séance plénière de demain mardi 28 avril, où les députés doivent sceller le sort de ces articles controversés.

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