C’est un coup de massue pour les milliers d’étudiants africains, et particulièrement sénégalais, qui ambitionnent de poursuivre leur cursus dans l’Hexagone. Le décret du ministère français de l’Enseignement supérieur actant la hausse des frais de scolarité pour les étudiants extracommunautaires est paru ce mercredi 20 mai 2026 au Journal Officiel. À la rentrée prochaine, la facture va être multipliée par quinze pour certains cycles.

Des tarifs en hausse : Jusqu’à près de 4 000 euros par an

Portée par le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, dans le cadre du nouveau plan gouvernemental « Choose France For Higher Education », cette réforme vise à appliquer de manière stricte les droits d’inscription différenciés introduits initialement en 2019, mais qui étaient restés jusqu’ici peu effectifs grâce à la résistance de plusieurs universités.

Les nouveaux montants fixés par le décret font l’effet d’une douche froide :

  • En Licence : Les frais passent à 2 895 euros (environ 1,9 million FCFA) par an, contre seulement 178 euros actuellement.
  • En Master : Les droits grimpent à 3 941 euros (environ 2,6 millions FCFA) par an, contre 254 euros aujourd’hui.

Le piège des exonérations : Des quotas de plus en plus serrés

Pour tenter de calmer la fronde des universités qui utilisaient massivement leur pouvoir d’exonération pour protéger les étudiants étrangers modestes, le gouvernement français a décidé de verrouiller le système en instaurant des plafonds dégressifs :

  • Dès la rentrée prochaine (2026) : Les universités ne pourront exonérer de frais que 30 % au maximum de leurs étudiants extracommunautaires.
  • En 2027 : Ce plafond d’exonération sera abaissé à 25 %.
  • À terme : Le taux d’étudiants étrangers exonérés sera strictement bloqué à 20 %.

Clause de protection pour les étudiants déjà sur place : Le décret précise que les étudiants qui bénéficient déjà d’une exonération pour l’année universitaire 2025-2026 conserveront cet avantage jusqu’au terme de leur cycle actuel, à la condition expresse de ne pas changer d’établissement.

Colère des syndicats et nouvelle mobilisation le 26 mai

En France, la mesure suscite une levée de boucliers syndicale et associative. Après une première journée de protestation qui a réuni quelques centaines de personnes le 12 mai, une large intersyndicale étudiante et enseignante a lancé un mot d’ordre de grève et appelé à une nouvelle mobilisation nationale le mardi 26 mai 2026.

Les opposants qualifient cette mesure d’« injuste, discriminatoire et incohérente », redoutant qu’elle ne ferme définitivement les portes des universités françaises aux étudiants brillants issus de milieux modestes, notamment du continent africain.

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