Un duel de haut vol s’est joué devant le Tribunal correctionnel de Dakar. L’affaire opposant le célèbre homme d’affaires et promoteur Abdou Aziz Ndiaye à la jet-setteuse Awa Baldé a donné lieu à un débat contradictoire d’une rare intensité. Au cœur de ce bras de fer judiciaire : la vente controversée d’un terrain de plus de 7 000 m² situé dans la zone prisée de Ngaparou (Petite-Côte).

Entre accusations d’escroquerie, manœuvres frauduleuses, et décharges écrites, le tribunal doit trancher un dossier aux enjeux financiers colossaux.

💰 1. 50 millions ou 125 millions FCFA ? Le choc des versions

Pour la plaignante Awa Baldé, le contrat de vente initialement négocié portait sur un montant global de 125 millions de FCFA, assorti de l’octroi d’une villa « clé en main » dans un futur programme immobilier.

  • La thèse de la naïveté et de la confiance : À la barre, elle a expliqué avoir accepté que l’acte officiel mentionne seulement 50 millions FCFA à la demande expresse d’Aziz Ndiaye, afin de minorer les frais de transaction. Affirmant n’avoir perçu au final que 37 millions FCFA et aucune villa, elle crie à l’abus de confiance : « Je lui faisais confiance comme à un frère », a-t-elle confessé, évoquant l’urgence de soigner sa mère malade à l’époque.
  • La DIC et le PJF hors de cause : Après une première plainte classée sans suite par la Division des investigations criminelles (DIC) et le Pool judiciaire financier (PJF), Awa Baldé a relancé la machine via une procédure de citation directe. Elle réclame aujourd’hui 200 millions FCFA de dommages et intérêts, ainsi qu’une expertise pour évaluer la valeur vénale réelle du terrain.

📑 2. La défense d’Aziz Ndiaye : « Un litige civil travesti en délit pénal »

De son côté, l’administrateur de la société Aziz Business Company (ABC) rejette en bloc les accusations d’escroquerie. Pour Aziz Ndiaye, la transaction a été parfaitement transparente et scellée selon les règles de l’art.

  • Une transaction à 50 millions FCFA réglée en totalité : Documents contractuels et décharges signées à l’appui, l’homme d’affaires soutient que le prix fixé d’un commun accord a toujours été de 50 millions FCFA.
  • Un simple champ revalorisé : Le promoteur rappelle qu’au moment de l’achat (qui remonte à 2018), le terrain n’était qu’un champ pourvu d’un poulailler, acquis des années plus tôt par l’ex-époux d’Awa Baldé pour seulement 11 millions FCFA.
  • Le regret tardif de la vendeuse : Selon les conseils du prévenu, Mes Souleymane Soumaré, Moussa Konaté et Arona Basse, la plaignante tente aujourd’hui de criminaliser un accord civil parce qu’elle a constaté la forte valorisation du site après les investissements d’Aziz Ndiaye. La défense soulève également la prescription des faits (vente en 2018, plainte en 2025) et réclame 10 millions FCFA à Awa Baldé pour procédure abusive.

🗓️ 3. Verdict attendu à la rentrée

Pour les avocats de la défense, aucun élément matériel ne caractérise les manœuvres frauduleuses indispensables pour asseoir le délit pénal d’escroquerie. Il s’agit selon eux d’une simple interprétation de contrat qui relève du tribunal civil.

Après avoir entendu les plaidoiries passionnées des deux camps, le juge de la chambre correctionnelle a ordonné la clôture des débats. L’affaire a été mise en délibéré : le verdict officiel sera rendu le 23 septembre prochain.

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