Dakar, Sénégal — Le phénomène de la transhumance politique ravive souvent les tensions internes au sein de la classe politique sénégalaise. En retournant dans les archives de l’année 2017, les déclarations au vitriole de Pape Malick Ndour, alors responsable de la jeunesse de l’Alliance pour la République (APR), refont surface, illustrant les fractures causées par l’intégration d’anciens opposants.
Au cœur de la controverse de l’époque se trouvait l’arrivée d’Abdoulaye Seydou Sow au sein de la mouvance présidentielle. Une intégration que le patron des jeunes républicains avait fermement refusée de cautionner, qualifiant l’opération d’insulte directe aux militants de la première heure et aux citoyens sénégalais.
Dans une sortie particulièrement véhémente, Pape Malick Ndour avait publiquement martelé que présenter une figure comme Abdoulaye Seydou Sow en défenseur de l’action présidentielle revenait à ternir l’image du parti, à manquer de respect aux Sénégalais et à mépriser le travail de la jeunesse militante de l’APR.
Pour étayer ses critiques, le responsable de la jeunesse républicaine avait souligné l’incohérence de ce revirement spectaculaire. Il rappelait que quelques mois, voire quelques jours seulement avant son ralliement, l’intéressé figurait parmi les détracteurs les plus virulents du régime, soutenant publiquement que le chef de l’État manquaient totalement de vision politique.
Pape Malick Ndour avait ainsi tenu à dresser une frontière étanche entre ce qu’il qualifiait de ralliements opportunistes dictés par la quête de prébendes et de positions de pouvoir, et le combat désintéressé des militants authentiques. Selon lui, la légitimité du parti reposait sur des jeunes guidés par un soutien constant et sincère à la vulgarisation des actions présidentielles, loin des calculs de carrière politique.
