Dakar, Sénégal — Les prises de position régulières de Mary Teuw Niane à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko alimentent toutes les spéculations. Dans une analyse poussée, nos confrères de L’Observateur ont donné la parole à des experts politiques qui décortiquent le rôle du Directeur de cabinet du chef de l’État et alertent sur une offensive médiatique qui pourrait se retourner contre le camp présidentiel.

Ancien ministre de l’Enseignement supérieur et ancien recteur de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le Professeur Mary Teuw Niane s’impose désormais comme l’un des contradicteurs les plus constants du leader de Pastef. À travers ses publications dominicales sur les réseaux sociaux, l’universitaire cible de manière peine voilée la figure centrale de la majorité, déclenchant de vives polémiques sur la scène politique nationale.

La défense de la légitimité du chef de l’État

Interrogé par L’Observateur, l’analyste politique Sidy Diop estime que ces sorties ne constituent pas un simple différend personnel. Elles traduisent un combat doctrinaire sur l’exercice réel du pouvoir. Pour l’expert, Mary Teuw Niane défend une vision institutionnelle où le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, doit demeurer l’unique centre de décision face à un Premier ministre à la forte empreinte politique.

De son côté, Assane Niang, spécialiste en communication institutionnelle, souligne que le Directeur de cabinet cherche à donner une dimension intellectuelle à la protection de l’autorité présidentielle. Toutefois, sa position de haut fonctionnaire au palais de la République confère à ses mots un poids institutionnel lourd : la frontière entre ses prises de position personnelles et la voix de la Présidence s’avère particulièrement poreuse aux yeux de l’opinion publique.

Le risque de victimisation et de remobilisation

Bien que cette posture vise à satisfaire une frange du camp présidentiel désireuse de voir Bassirou Diomaye Faye marquer son autonomie, elle comporte d’importants risques stratégiques.

Selon Assane Niang et Sidy Diop, attaquer frontalement un leader politique bénéficiant d’une grande popularité risquerait de le réinstaller au cœur du jeu politique. Historiquement, la confrontation directe a toujours servi de moteur de mobilisation pour Ousmane Sonko, lui offrant des arguments pour se poser en cible à abattre.

Pour les analystes, le camp présidentiel gagnerait à recentrer sa communication sur les réalisations socio-économiques et la réponse aux attentes des Sénégalais, plutôt que de laisser le débat public vampirisé par ce face-à-face au sommet de l’État.

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