Dakar, 29 janvier 2026 – Le citoyen et acteur public Ibrahima Hamidou Dème a rendu publique, ce mercredi, une déclaration de presse dans laquelle il dénonce une violation manifeste de la loi sur l’accès à l’information par les plus hautes autorités de l’État. Il annonce, à cet effet, son intention de porter plainte contre le Premier ministre et le ministre des Finances et du Budget pour refus d’accès à l’information.

Revenant sur le contexte politique issu de l’élection présidentielle du 24 mars 2024, Ibrahima Hamidou Dème rappelle que le peuple sénégalais a clairement exprimé son aspiration à une rupture avec les pratiques d’opacité, au profit d’une gouvernance fondée sur l’éthique, la transparence et la responsabilité. Selon lui, la bonne gouvernance constitue le socle indispensable à la restauration de la confiance entre gouvernants et gouvernés.

Il souligne que la lutte contre les infractions économiques et financières ne peut être efficace sans une approche globale combinant répression et prévention, notamment à travers des mécanismes de contrôle rigoureux, une éducation citoyenne renforcée et un accès effectif à l’information publique.

C’est dans cet esprit que, le 8 janvier 2026, il a introduit une demande officielle d’accès à l’information auprès de la Présidence de la République, de la Primature et du ministère des Finances, conformément à la loi n°2025-15 du 4 septembre 2025. La requête portait exclusivement sur le montant exact des fonds spéciaux, communément appelés « fonds politiques », alloués au Président de la République et au Premier ministre pour les exercices budgétaires 2025 et 2026.

Ibrahima Hamidou Dème précise que cette démarche n’avait aucun caractère polémique, mais se voulait pédagogique et citoyenne, visant à illustrer concrètement l’usage de la nouvelle loi et à promouvoir une culture de l’information vérifiée, afin de lutter contre la désinformation.

Toutefois, malgré l’expiration du délai légal maximal de quinze jours francs, aucune des institutions sollicitées n’a apporté de réponse, ni communiqué l’information demandée, ni motivé un éventuel refus. Une situation qu’il qualifie de violation caractérisée et délibérée de la loi, d’autant plus grave qu’elle émane des autorités qui ont elles-mêmes porté et promulgué ce texte.

Selon lui, ce silence institutionnel entretient un vide informationnel propice à la propagation de rumeurs et de fausses nouvelles, créant un paradoxe où l’État poursuit des citoyens pour désinformation tout en refusant de fournir l’information officielle susceptible de rétablir la vérité.

Estimant que la transparence et la redevabilité sont des exigences démocratiques non négociables, Ibrahima Hamidou Dème annonce avoir décidé de saisir la justice, en application de l’article 30 de la loi sur l’accès à l’information, qui prévoit des sanctions pénales contre les assujettis refusant illégalement de communiquer une information publique.

Pour lui, on ne saurait exiger des citoyens le respect de la loi lorsque ceux qui la portent s’en affranchissent. La crédibilité de la lutte contre la désinformation et la consolidation de l’État de droit passent nécessairement par une exemplarité absolue des autorités publiques.

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