Dakar, 10 mars 2026. L’Assemblée nationale sénégalaise est convoquée en séance plénière ce mercredi à 11 heures pour examiner un projet de loi visant à durcir la répression des actes contre-nature. Le texte, référencé projet de loi n°05/2026, modifie l’article 319 du Code pénal sénégalais. C’est le ministre de la Justice qui défendra le projet devant les députés. Cette convocation intervient dans un contexte judiciaire et sociétal particulièrement tendu, marqué par de nombreuses affaires en cours impliquant des faits d’actes contre-nature, de transmission volontaire du VIH et de blanchiment de capitaux.
Un texte qui modifie le Code pénal de 1965
Le projet de loi soumis aux députés ce mercredi s’attaque directement à l’article 319 de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal sénégalais, dans sa version modifiée. L’objectif affiché est clair : renforcer et durcir les sanctions applicables aux actes contre-nature, dans un pays où la législation existante est jugée insuffisamment dissuasive par les partisans de ce durcissement.
Le ministre de la Justice sera chargé de défendre le texte devant les parlementaires, dont le vote pourrait marquer un tournant majeur dans la politique pénale sénégalaise sur ces questions sensibles.
Un contexte judiciaire qui a précipité le débat
Des dossiers en cours qui ont tout changé
Cette initiative législative n’est pas née dans le vide. Elle intervient dans le sillage d’une série d’affaires judiciaires retentissantes impliquant des personnalités connues et des réseaux présumés, poursuivis pour actes contre-nature, transmission volontaire du VIH-Sida, blanchiment de capitaux et autres infractions connexes.
Les affaires Pape Cheikh Diallo, Ouzin Keïta et le démantèlement des groupes WhatsApp « Nekh Nekh » et « No Limit » par la DIC ont propulsé ces questions au premier plan du débat public sénégalais, créant une pression sociétale et politique favorable à un durcissement législatif.
Un débat ravivé sur la criminalisation de l’homosexualité
Ces enquêtes ont inévitablement ravivé le débat sur la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal — un sujet qui divise profondément l’opinion, entre une grande majorité de la population favorable à des sanctions plus sévères et des voix critiques, notamment à l’international, qui s’y opposent fermement.
La réaction du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Xavier Bettel, qui a qualifié le projet de loi de « profondément préoccupant », illustre les tensions diplomatiques que cette initiative législative est susceptible de générer avec certains partenaires occidentaux du Sénégal.
Un vote aux conséquences multiples
Le vote attendu mercredi à l’Assemblée nationale pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières sénégalaises. Il s’inscrit dans une tendance de fond observée dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, où les parlements ont ces dernières années renforcé leurs législations sur ces questions, malgré les pressions de la communauté internationale.
La rédaction de sami24tv assurera un suivi en temps réel des travaux parlementaires de ce mercredi.
