La décision du jury d’appel de la CAF de déclarer le Maroc vainqueur de la CAN 2025 sur tapis vert au détriment du Sénégal a déclenché une tempête dans la presse sénégalaise. De « la blague du siècle » au « Ri-di-cule ! », les quotidiens du mercredi n’ont pas de mots assez forts pour qualifier ce qu’ils considèrent unanimement comme un scandale sportif et institutionnel majeur.


Une presse sénégalaise en état de choc

Les unes de la presse sénégalaise de ce mercredi ressemblent à un réquisitoire collectif. Le Soleil parle de « la blague du siècle » et dénonce « une vaine tentative de réécriture de l’histoire ». Walfquotidien titre sur « la grosse farce continentale » tandis que Libération lâche un cinglant « Ri-di-cule ! ». Sud Quotidien s’emporte d’un « Scandaleux ! » et Les Echos résume la situation en une formule : « Décision inique, indignation mondiale ».

Le commentateur de L’As ne mâche pas ses mots : « Ce n’est plus seulement une injustice. C’est une gifle. Une humiliation infligée à tout un peuple, à tous ceux qui croient encore que le football africain peut se construire sur des valeurs d’équité et de mérite. »


Ce qui s’est passé sur le terrain ce soir du 18 janvier

Pour comprendre la décision de la CAF, il faut revenir à la finale du 18 janvier 2025. Dans les toutes dernières secondes du temps réglementaire, l’arbitre avait accordé un penalty très contesté en faveur du Maroc, pays organisateur. En signe de protestation, les joueurs sénégalais avaient volontairement quitté la pelouse pour rejoindre les vestiaires.

Après une dizaine de minutes de flottement et de négociations en coulisses, les Lions étaient revenus sur le terrain pour terminer le match — qu’ils avaient finalement remporté dans les prolongations. Le jury disciplinaire de la CAF avait dans un premier temps confirmé la victoire sénégalaise, tout en prononçant des sanctions contre les deux sélections pour les incidents survenus lors de la rencontre.


Le limogeage du président de l’organe judiciaire, signe avant-coureur ?

Walfquotidien est le seul à mettre en perspective un élément troublant passé relativement inaperçu : au début du mois de mars, le Djiboutien Acine Othman Robleh, président de l’organe judiciaire de la CAF en poste depuis six ans, a été brutalement limogé. Une décision intervenue peu avant que le jury d’appel ne statue en faveur du Maroc.

Selon le journal, des voix s’étaient élevées au sein du football africain pour fustiger les sanctions initialement infligées au Sénégal, jugées trop indulgentes par le camp marocain qui réclamait la disqualification pure et simple des Lions — et même leur exclusion de la Coupe du monde 2026. « La voie semblait toute balisée pour cette décision ridicule », écrit le journal.


Motsepe dans le viseur, Lekjaa en embuscade

L’ombre de Faouzi Lekjaa, le puissant président de la Fédération royale marocaine de football et vice-président de la FIFA, plane sur toute cette affaire. Le quotidien L’Info n’hésite pas à mettre en cause directement Patrice Motsepe, président de la CAF : « Pour satisfaire Faouzi Lekjaa, il décrédibilise le football africain et tend vers l’autodestruction. »

Le journal Libération va encore plus loin, expliquant « comment la FSF a été mise devant le fait accompli après une audience virtuelle bâclée pour exécuter une commande » — une accusation extrêmement grave qui suggère que la procédure d’appel aurait été menée sans garantie réelle du respect des droits de la partie sénégalaise.


La FSF saisit le TAS et demande un sursis à exécution

Sur le plan juridique, la Fédération sénégalaise de football ne compte pas en rester là. Selon Sud Quotidien, la FSF a adressé simultanément à la CAF une mise en demeure avant recours et une demande de sursis à exécution de la décision, tout en annonçant sa saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne.

L’ancien sélectionneur des Lions Claude Leroy, qui avait dirigé l’équipe dans les années 1990, a exprimé sa consternation depuis la France, cité par Tribune : « Je ne pouvais pas penser que la CAF irait aussi loin dans le grand guignolesque. »

Le mot de la fin revient au commentateur de L’As, dont la plume traduit le sentiment d’une nation entière : « Sur le terrain, les Lions du Sénégal ont combattu avec honneur. Ils ont gagné avec cœur. Mais visiblement, cela ne suffit plus. Désormais, les matchs ne se jouent plus sur la pelouse. »

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