Un appel à renforcer la souveraineté informationnelle
Lors du débat parlementaire sur le budget 2026 du ministère de la Communication, le député non-inscrit Pape Djibril Fall a tiré la sonnette d’alarme sur la fragilité financière des entreprises publiques de l’information. Selon lui, l’Agence de presse sénégalaise (APS), Le Soleil et la RTS manquent de ressources essentielles pour remplir correctement leurs missions.
« Pour garantir la souveraineté informationnelle du pays, il faut doter ces médias des moyens nécessaires », a insisté l’ancien journaliste du groupe Futurs Médias.
Une gestion à revoir selon le parlementaire
Pape Djibril Fall estime qu’il s’agit d’« une erreur » de confier la direction des médias publics uniquement à des journalistes. Il plaide pour une gestion plus professionnelle, basée sur des appels à candidatures ouverts à des profils de managers expérimentés.
Selon lui, les entreprises publiques souffrent davantage d’un déficit de gouvernance et de moyens que de compétences éditoriales.
L’APS, symbole d’un système à bout de souffle
Le député a particulièrement insisté sur la situation de l’APS, qu’il décrit comme « l’un des piliers de l’information en Afrique francophone » mais aujourd’hui plongée dans une pénurie sévère.
Il souligne notamment l’absence de véhicules dans les régions, empêchant les équipes de couvrir l’actualité nationale : « Depuis 2022, j’interpelle le gouvernement sur ce problème, rien n’a changé », regrette-t-il.
Un contraste avec les pratiques internationales
Pape Djibril Fall a rappelé que, dans la plupart des pays, les agences de presse d’État sont dotées de moyens importants, car elles jouent un rôle stratégique dans la diffusion d’une information fiable et crédible.
Il affirme que l’APS et Radio Sénégal restent « les parents pauvres » du secteur public, alors même qu’elles devraient en être les piliers.
Le gouvernement interpellé
Face au ministre de la Communication Alioune Sall, le député a invité l’État à revoir de toute urgence les allocations budgétaires destinées aux médias publics, estimant qu’il en va de la crédibilité du pays et de sa capacité à maîtriser son propre récit.
