Washington / Kigali, 3 mars 2026. Les États-Unis ont officialisé leur décision de sanctionner l’armée rwandaise pour son soutien opérationnel au mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Le gel des avoirs et l’interdiction de transactions avec des entités américaines frappent désormais les forces armées rwandaises ainsi que quatre hauts officiers nommément désignés. Kigali réfute ces accusations et dénonce des sanctions « à sens unique » qui fragilisent le processus de paix.

Des sanctions ciblées d’une portée inédite

Le Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a officiellement inscrit l’armée rwandaise sur la liste américaine des sanctions, une décision aux conséquences concrètes et immédiates : gel de tous les avoirs détenus aux États-Unis et interdiction de toute transaction avec des personnes physiques ou morales américaines.

Quatre officiers rwandais dans le viseur de Washington

Au-delà de l’institution militaire dans son ensemble, quatre hauts gradés sont personnellement visés :

  • Le général Mubarakh Muganga, chef d’état-major général de l’armée rwandaise
  • Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de terre
  • Ruki Karusisi, ancien chef des forces spéciales rwandaises
  • Stanislas Gashugi, successeur de Karusisi à la tête des forces spéciales

La prise d’Uvira, goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Les accords de Washington violés

Selon Thomas Pigott, porte-parole du Département d’État américain, ces sanctions ont été déclenchées après la prise de contrôle par le M23 de la localité d’Uvira, dans l’est de la RDC — une avancée militaire jugée en violation manifeste des accords de règlement du conflit signés le 27 juin 2025 à Washington.

Ces accords, qui visent à mettre fin à des décennies de conflits dans l’est congolais, prévoyaient l’établissement d’un mécanisme de coordination sécuritaire entre Kigali et Kinshasa, ainsi que des engagements en faveur de l’intégration économique régionale et de la paix durable.

Le M23 accusé de crimes graves

Le porte-parole américain n’a pas mâché ses mots : le M23 est tenu pour responsable de graves violations des droits humains et de violences contre des civils, y compris des femmes et des enfants. Il a affirmé que « c’est le soutien continu de l’armée rwandaise et de sa haute hiérarchie qui a permis au M23 de s’emparer de territoires souverains de la RDC », martelant que ces sanctions illustrent la détermination de Washington à faire respecter les engagements pris dans la capitale américaine.


Kigali contre-attaque : « une décision qui déforme la réalité »

Le Rwanda rejette les accusations

La réaction rwandaise ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué officiel, le gouvernement de Kigali a estimé que les sanctions américaines « ciblent injustement une seule partie au processus de paix » et « déforment la réalité et altèrent les faits du conflit ».

L’armée congolaise mise en cause à son tour

Le Rwanda a saisi l’occasion pour pointer la responsabilité de Kinshasa, accusant les forces armées congolaises de mener des « attaques par drones répétées et indiscriminées » et des offensives terrestres en violation du cessez-le-feu en vigueur.

Un avertissement sur l’avenir du processus de paix

La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a conclu sur une mise en garde publiée sur le réseau social X : « Des sanctions à sens unique ne font malheureusement qu’encourager le gouvernement de la RDC dans sa volonté de privilégier une solution militaire », suggérant que la décision américaine risque d’aggraver la crise plutôt que de la résoudre.


Un conflit aux répercussions continentales

Cette escalade diplomatique intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, une région ravagée par plus de trois décennies de conflits armés. La décision américaine marque un tournant dans l’implication de Washington dans ce dossier et place le Rwanda dans une position d’isolement diplomatique croissant sur la scène internationale.

Article rédigé par la rédaction de sami24tv.com

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