Dakar, 3 mars 2026. La presse quotidienne sénégalaise de ce mardi se penche sur deux sujets majeurs qui dominent l’actualité nationale et internationale : la candidature désormais officielle de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, portée contre toute attente par le Burundi, et les répercussions mondiales de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, avec en toile de fond la menace de blocage du détroit d’Ormuz.
Macky Sall à l’ONU : le Burundi brise le silence, Dakar embarrassé
Une candidature officiellement enregistrée
Le feuilleton diplomatique prend une tournure concrète. Selon L’As, la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies a été officiellement enregistrée par l’Assemblée générale de l’ONU. Présentée par le Burundi dans le cadre du processus de sélection 2026, elle constitue la troisième candidature déclarée, à quelques mois de la fin du mandat d’António Guterres.
Le coup de théâtre burundais
Walfquotidien résume la surprise générale en titrant « Sall tour du Burundi au Sénégal », soulignant que c’est Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, qui a posé cet acte au nom des chefs d’État du continent. Une initiative qui, selon Libération, a donné à cette candidature « une dimension continentale assumée ».
Le Quotidien note de son côté que Macky Sall « enjambe l’obstacle de Dakar » grâce au parrainage burundais, rappelant le rendez-vous manqué du dernier sommet de l’Union africaine, où la position floue du Sénégal avait paralysé tout débat sur une possible candidature portée par consensus continental.
Dakar dans une position délicate
Si Source A salue la dimension panafricaine de la démarche, Walfquotidien prévient que cette décision « risque d’ulcérer l’État du Sénégal », qui s’est jusqu’ici opposé à cette candidature. Le nouveau régime de Dakar se retrouve dans une situation inconfortable : voir son prédécesseur briguer la plus haute fonction onusienne avec le soutien du président en exercice de l’UA.
Un parcours semé d’embûches géopolitiques
L’Observateur offre l’analyse la plus nuancée : si la recevabilité juridique de la candidature de Macky Sall ne fait pas débat, « l’issue dépendra surtout des rapports de force entre États membres et du positionnement, scruté de près, du Sénégal ». Source A rappelle que le sort des candidats repose in fine entre les mains du Conseil de sécurité, et notamment des cinq membres permanents disposant du droit de veto — États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France.
Deux tendances lourdes pourraient par ailleurs jouer contre Macky Sall : une tradition non écrite qui plaiderait cette fois pour une rotation en faveur de l’Amérique latine, et une pression croissante de nombreux États pour qu’une femme accède pour la première fois à la tête de l’ONU.
Guerre Iran-Israël : le détroit d’Ormuz au centre du monde, le Sénégal en première ligne
Ormuz, point de bascule de l’économie mondiale
Pendant que la diplomatie onusienne s’agite, Le Soleil et Sud Quotidien braquent leurs projecteurs sur les conséquences géopolitiques de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Au cœur des inquiétudes : le détroit d’Ormuz, passage maritime hautement stratégique par lequel transite 20 % du pétrole consommé quotidiennement dans le monde, déjà soumis à un blocage partiel.
Le Sénégal directement exposé
Sud Quotidien tire la sonnette d’alarme avec une analyse sans détour : si l’Iran mettait à exécution sa menace de fermeture totale du détroit, « ce choc dépasserait largement le Moyen-Orient » et « frapperait de plein fouet les économies africaines » — le Sénégal se retrouvant en première ligne. Le journal pointe un « pipeline d’effets » potentiels sur le pétrole sénégalais, alors que le pays s’apprête à monter en puissance dans l’exploitation de ses ressources hydrocarbures.
Article rédigé par la rédaction de sami24tv.com
