Une ambiance électrique au Parlement
L’atmosphère était particulièrement lourde ce mardi à l’Assemblée nationale, où un échange houleux entre députés de la majorité et de l’opposition a failli dégénérer. Le climat s’est envenimé après des propos jugés menaçants du député de la majorité, Mayobe Mbaye, provoquant la colère de l’opposition.
“Œil pour œil, dent pour dent” : la phrase qui déclenche la tempête
Au cours d’un débat portant sur la nouvelle mesure contre l’absentéisme parlementaire, Mayobe Mbaye a tenu des propos qui ont fait bondir les députés de l’opposition.
Le parlementaire a déclaré avoir particulièrement retenu l’intervention de certains jeunes députés avant de lancer :
« Si ceci se répète, je vais laisser les jeunes apporter les réponses idoines. Désormais, ce sera œil pour œil, dent pour dent. »
Il a ensuite tenté de justifier sa position en évoquant les conditions difficiles qu’aurait, selon lui, endurées Ousmane Sonko durant son passage à l’Assemblée. S’adressant à l’opposition, il a ajouté :
« Opposez-vous, c’est votre rôle, mais nous n’accepterons plus les insultes et les accusations gratuites. »
Djimo Soumaré dénonce une “dérive dangereuse”
Scandalisé, le député de l’opposition Djimo Soumaré a vigoureusement réagi. Pour lui, les propos de son collègue constituent une menace inacceptable et une atteinte grave au fonctionnement démocratique.
« Je suis choqué qu’un septuagénaire menace les députés de l’opposition. À chaque fois qu’on nous insulte, je mets cela sur le compte d’un manque d’éducation. Nous sommes tous des Sénégalais d’égale dignité, élus au suffrage universel direct », a-t-il lancé.
Il a reconnu que les tensions parlementaires faisaient partie du jeu démocratique, mais a estimé que les menaces franchissent une ligne rouge.
L’opposition veut saisir le président de l’Assemblée
Face à ce qu’elle qualifie de “dérive autoritaire”, l’opposition a annoncé son intention de saisir officiellement le président de l’Assemblée nationale et de prendre l’opinion publique à témoin. Les députés dénoncent un climat d’intimidation contraire aux valeurs du débat républicain.
