La fracture s’agrandit au sein de la mouvance présidentielle. En marge d’une conférence de presse tenue par le mouvement Kiiraay – Les Patriotes Républicains, dirigé par le Dr Aminata Touré, le ministre-conseiller Aldiouma Sow est sorti du silence. Cofondateur du parti Pastef, M. Sow a livré un réquisitoire particulièrement virulent contre l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, dénonçant un parcours politique qu’il estime motivé par des intérêts financiers et personnels.Cette prise de parole offensive intervient dans un climat de vive tension entre la direction de Pastef et les acteurs politiques alignés sur la vision du président Bassirou Diomaye Faye.⚖️ 1. Syndicalisme et fiscalité : Les origines contestées d’un engagementSelon les déclarations d’Aldiouma Sow, les débuts de l’engagement public d’Ousmane Sonko ne reposeraient pas sur un idéal de justice sociale, mais sur une insatisfaction d’ordre personnel :Un différend fiscal à l’origine : L’intervenant affirme qu’après avoir vérifié une entreprise redevable de plusieurs millions de francs CFA, Ousmane Sonko n’aurait reçu qu’une ordonnance de paiement de 12 000 FCFA de la part de sa hiérarchie.La création du syndicat : C’est cette déception face à l’administration des Impôts et Domaines qui l’aurait poussé à fonder le syndicat des agents de ladite régie. « Il a voulu régler son propre problème », a martelé le ministre-conseiller.💰 2. Matérialisme politique et dossier des 94 milliards FCFARevenant sur le parcours de l’ancien chef du Gouvernement, Aldiouma Sow dénonce une trajectoire qu’il qualifie de « structurée autour de l’argent, de l’immobilier et du pouvoir » :Choix de la politique plutôt que de l’ONG : L’orateur soutient qu’en 2014, le choix de créer un parti politique plutôt qu’une structure non gouvernementale répondait à la volonté d’obtenir des avantages plus importants.L’épisode des 94 milliards : Il est également revenu sur la radiation d’Ousmane Sonko de la fonction publique et le retentissant dossier des 94 milliards de FCFA, estimant que ces événements s’inscrivaient dans une stratégie de positionnement personnel.🚫 3. Une posture de transparence remise en causePour le ministre-conseiller, le passage d’Ousmane Sonko à la Primature a étalé au grand jour ses limites en matière de gestion publique :Une disqualification morale : Aldiouma Sow estime qu’Ousmane Sonko « est disqualifié pour parler de transparence » et ne saurait prétendre incarner la direction de l’ensemble du peuple sénégalais.Cette sortie au ton acerbe s’ajoute aux récents affrontements verbally opposant Aminata Touré et Ousmane Sonko au sujet des fonds spéciaux, confirmant une rupture désormais consommée au sein de la coalition au pouvoir.
