Le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba continue de susciter une vive controverse. Dans un communiqué officiel, le procureur de la République a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du drame.
Le parquet a, par ailleurs, mis en garde contre les rumeurs faisant état d’une mort consécutive à des violences imputées aux forces de l’ordre. Le procureur appelle à la retenue, affirmant qu’à ce stade de la procédure, aucune preuve formelle ne permet d’établir un acte de torture ou une violence intentionnelle.
Cette position est fermement rejetée par la Fédération des étudiants du Sénégal (FES), qui conteste la version officielle et menace d’étendre son mouvement de protestation à l’ensemble du système éducatif sénégalais.
Le désaccord s’est accentué avec l’entrée en scène du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES). Le collectif remet en cause l’hypothèse d’une mort naturelle et s’interroge publiquement sur l’origine du traumatisme ayant conduit au décès de l’étudiant.
Selon les éléments évoqués par le collectif médical, le rapport médico-légal fait état de multiples lésions, notamment des fractures, des hémorragies et des contusions. Si l’autopsie confirme la gravité des traumatismes subis, elle ne permet pas encore d’établir avec certitude la dynamique exacte des événements survenus sur le campus.
La situation est désormais décrite comme une confrontation directe entre le parquet et le corps médical. Le procureur et le COMES sont ainsi « à couteaux tirés », le collectif contestant ouvertement les conclusions provisoires avancées par la justice. Les médecins estiment notamment « inconcevable » l’hypothèse d’un acte volontaire de la victime.
Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, l’affaire Abdoulaye Ba continue d’alimenter une forte exigence de vérité et de justice au sein de l’opinion publique sénégalaise.
