La livraison de lundi de la presse quotidienne sénégalaise est largement dominée par l’affaire Abdoulaye Ba, étudiant décédé le 9 février dernier à la suite d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Enquête ouverte, mise en garde contre les rumeurs

Plusieurs quotidiens relaient un communiqué du procureur de la République annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire la lumière sur les circonstances du drame.

D’après L’As, le parquet a également mis en garde contre les rumeurs évoquant une mort consécutive à des violences imputées aux forces de l’ordre. Le procureur appelle à la retenue, soulignant l’absence, à ce stade, de preuves établissant formellement un acte de torture ou une violence intentionnelle.

Contestation des étudiants et du corps médical

Cette position est vivement contestée par la Fédération des étudiants du Sénégal (FES), qui rejette la version officielle et menace d’élargir son mouvement de protestation à l’ensemble du système éducatif.

Le quotidien Tribune rapporte que le Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation du Sénégal (COMES) remet en cause l’hypothèse d’une mort naturelle. Le collectif s’interroge notamment sur l’origine du traumatisme ayant entraîné le décès.

Selon Yoor-Yoor, le rapport médico-légal fait état de multiples lésions : fractures, hémorragies et contusions. Si l’autopsie met en évidence la gravité des traumatismes subis, elle ne permet pas encore d’établir avec certitude la dynamique précise des événements survenus sur le campus.

“À couteaux tirés”

Pour Sud Quotidien, le procureur et le COMES sont désormais « à couteaux tirés ».
Walfquotidien évoque un désaccord frontal, le collectif médical contestant publiquement les conclusions provisoires avancées par le parquet.

De son côté, Source A souligne que les médecins jugent « inconcevable » l’hypothèse d’un acte volontaire de la victime.

L’affaire alimente ainsi une forte exigence de vérité et de justice dans l’opinion publique, tandis que l’enquête judiciaire suit son cours.


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Révision constitutionnelle : appel au portage citoyen

Enfin, Sud Quotidien rapporte que des organisations de la société civile plaident pour un portage citoyen du processus de révision constitutionnelle annoncé par le chef de l’État, en s’appuyant sur les conclusions des Assises nationales, les recommandations de la CNRI et le Pacte national de bonne gouvernance démocratique.

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