Sous le feu des critiques après la décision de la CAF d’accorder le titre de la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert, le président de l’instance continentale Patrice Motsepe a pris la parole mercredi soir dans une vidéo publiée à 19h40. Tout en défendant l’indépendance des organes judiciaires de la CAF, il a affirmé que l’institution respectera la décision finale du Tribunal arbitral du sport (TAS), vers lequel le Sénégal s’est tourné pour contester le verdict.


« Chaque nation a le droit de se défendre »

Motsepe a d’emblée reconnu que le Sénégal envisageait un recours devant le TAS, saluant cette démarche comme un droit légitime. « Chacune des 54 nations africaines a le droit d’exercer les recours nécessaires pour défendre ses intérêts, non seulement au plus haut niveau en Afrique, au sein de la CAF, mais également devant la plus haute juridiction, le Tribunal arbitral du sport. Et nous nous conformerons et respecterons la décision qui sera prise au plus haut niveau », a-t-il déclaré.

Une prise de position qui, sans remettre en cause la décision de son jury d’appel, ouvre la voie à une révision possible du verdict par l’instance de Lausanne — dont les décisions ont force exécutoire dans l’ensemble du mouvement sportif mondial.


Motsepe défend l’indépendance de ses instances judiciaires

Face aux accusations de partialité qui fusent de toutes parts — notamment les soupçons d’une décision rendue sous influence du puissant Faouzi Lekjaa, vice-président de la FIFA et patron du football marocain —, Patrice Motsepe a contre-attaqué en insistant sur la composition et l’indépendance de ses organes judiciaires.

Il a rappelé que chaque association membre et chacune des six zones régionales de la CAF ont été invitées à proposer des juges et avocats reconnus pour siéger dans ces instances. « Si vous examinez la composition de ces instances, vous constaterez qu’elles regroupent certains des juristes et magistrats les plus respectés du continent », a-t-il affirmé.

Signe apparent de cette indépendance revendiquée, il a lui-même souligné la contradiction entre les deux décisions rendues dans cette affaire : « La Commission de discipline de la CAF a rendu une décision. La Commission d’appel de la CAF a adopté une position totalement différente. » Un argument à double tranchant qui, pour ses détracteurs, illustre précisément l’incohérence et l’instabilité du système judiciaire de l’instance africaine.


Un aveu de fragilité institutionnelle

Entre les lignes, la sortie de Motsepe révèle une institution consciente de ses failles. Le président de la CAF a reconnu que les incidents de la finale mettent en lumière « le travail qu’il reste à accomplir face aux soupçons et au manque de confiance », qualifiant cette méfiance d’« héritage du passé ». Des décennies de scandales arbitraux, de décisions opaques et d’accusations de corruption pèsent lourd sur la crédibilité de la confédération.

Il a également mis en avant les efforts entrepris depuis son élection à la tête de la CAF en 2021 pour renforcer « l’impartialité et l’indépendance » des arbitres et des commissaires de match, reconnaissant que « beaucoup de progrès importants ont été réalisés, mais qu’il subsiste encore une certaine méfiance ».


« Aucun pays ne sera traité de manière privilégiée »

La déclaration la plus attendue de Motsepe est peut-être celle-ci : « Aucun pays africain ne sera traité d’une manière plus privilégiée, plus avantageuse ou plus favorable qu’un autre pays du continent africain. » Une affirmation solennelle qui sonne comme une réponse directe aux accusations pointant une complaisance de la CAF envers le Maroc, pays hôte de la compétition et acteur incontournable de la géopolitique footballistique africaine.

La balle est désormais dans le camp du TAS. La FSF a annoncé saisir l’instance de Lausanne dans les plus brefs délais, avec une demande de sursis à exécution de la décision. Le verdict du tribunal suisse pourrait non seulement restituer le titre au Sénégal, mais aussi contraindre la CAF à une réforme en profondeur de ses mécanismes disciplinaires — un chantier que Motsepe dit porter, mais que ses adversaires jugent encore très insuffisant.

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