Le Mali s’enfonce dans une crise sans précédent. Trois jours après les assauts sanglants contre Bamako et Kati, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a annoncé, ce mardi 28 avril 2026, l’imposition d’un blocus sur tous les axes menant à la capitale. Alors que le pays retient son souffle, le général Assimi Goïta est enfin réapparu publiquement pour la première fois depuis le début de l’offensive.

Bamako, Mali – La menace terroriste franchit un palier symbolique et stratégique. Le groupe affilié à Al-Qaïda a diffusé une vidéo de son porte-parole, Bina Diarra, annonçant une mise sous embargo de la capitale.

« Personne ne sera épargné » : Les contours du blocus

Le message, délivré en bamanakan, est d’une fermeté absolue et vise à asphyxier le cœur du pouvoir malien :

  • Interdiction d’entrée : Tous les axes routiers menant à Bamako et à la cité-garnison de Kati sont désormais déclarés « zones interdites » par les jihadistes.
  • Tolérance de sortie : Une mesure unique est accordée à ceux qui souhaitent quitter la capitale, mais tout véhicule ou individu tentant d’y entrer s’expose à des « conséquences » létales.
  • Asphyxie économique : Ce blocus total vient aggraver l’embargo sur le carburant que le JNIM imposait déjà depuis plusieurs mois, plongeant Bamako dans une précarité énergétique et alimentaire critique.

Réapparition d’Assimi Goïta

Face aux rumeurs qui circulaient sur son sort depuis samedi, le chef de la junte a brisé le silence :

  • Visite aux blessés : La présidence malienne a publié des photos montrant le général Assimi Goïta au chevet des militaires et civils blessés lors des attaques.
  • Bilan lourd : Une source hospitalière a confié à l’AFP un nouveau bilan faisant état d’au moins 23 morts (civils et militaires) suite aux assauts de samedi.

Une alliance inédite JNIM-Azawad

Cette situation est la conséquence directe d’une coordination tactique nouvelle entre le JNIM et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). La chute de Kidal ce week-end et le retrait des forces d’Africa Corps (ex-Wagner) confirment que le verrou sécuritaire malien a sauté sur plusieurs fronts simultanément.

Le Mali se trouve aujourd’hui dans une position de vulnérabilité extrême. Le blocus de la capitale, s’il est appliqué rigoureusement sur le terrain, pourrait déclencher une crise humanitaire majeure et déstabiliser davantage le régime militaire, déjà orphelin de son ministre de la Défense, Sadio Camara.

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