La rupture est désormais gravée dans le marbre et prend une tournure offensive. Devant des centaines de délégués et de militants rassemblés au King Fahd Palace pour l’Assemblée générale constitutive de son tout nouveau parti politique, « KIIRAAY – Les Patriotes Républicains », le président de la République Bassirou Diomaye Faye a jeté un véritable pavé dans la mare.

Deux ans après son accession à la magistrature suprême, le chef de l’État prend une distance philosophique et politique vis-à-vis de son passé d’opposant et assène un avertissement direct à son ancien allié Ousmane Sonko.

🏛️ 1. L’épreuve du pouvoir face à la posture d’opposant : La leçon de maturité de Diomaye

Prenant la parole devant le congrès fondateur de KIIRAAY (qui signifie « ce qui protège » ou « le bouclier » en wolof), Bassirou Diomaye Faye s’est livré à une méditation sans fard sur la différence fondamentale entre la contestation politique et la gestion des affaires de la Cité :

« Dans l’opposition, on est responsable de rien mais au pouvoir on est responsable de tout… »

Le chef de l’État a expliqué avoir mesuré toute la lourdeur de la charge présidentielle au cours de ses deux années passées au sommet de l’État. Si l’opposant n’engage que ses propres mots et sa personne, le Président de la République porte, lui, l’entière responsabilité du destin de la Nation, de sa sécurité et de son équilibre. Une tirade perçue comme un recadrage cinglant envers ceux qui continuent d’adopter des postures de contestation tout en étant au cœur ou en marge de l’État.

⚠️ 2. Mise en garde sans équivoque : « Fii, saa fitnë dootufi nanee ñeex » !

Mais le moment le plus électrique du discours présidentiel réside dans une formule percutante lancée en wolof, qui résonne comme un ultimatume sécuritaire et politique :

« Fii, saa fitnë dootufi nanee ñeex ! » (Traduisez : « Ici, désormais, le désordre et l’agitation ne trouveront plus leur compte ; ce qui était toléré ne le sera plus du tout. »)

Alors que le Sénégal est secoué par des tiraillements majeurs au sein de l’ancienne coalition victorieuse de mars 2024, le président de la République rappelle que la stabilité, la paix et la primauté des institutions républicaines sur les hommes priment sur tout le reste. Le message est limpide : la récréation est terminée, et l’État ne tolérera plus aucun chantage à l’instabilité.

⚡ 3. Duel d’appareils : La guerre des cartes PASTEF contre la machine KIIRAAY

Cette sortie fracassante intervient dans un contexte de démonstration de force par organigrammes interposés :

  • D’un côté, Ousmane Sonko et le PASTEF : Le président du PASTEF s’est engagé ces derniers jours dans une tournée nationale intensive de vente de cartes de membres, cherchant à remobiliser ses troupes et à réaffirmer sa légitimité populaire sur le terrain.
  • De l’autre, Bassirou Diomaye Faye et KIIRAAY : Le président installe sa propre bannière politique. Résultat de la fusion de plus de 400 mouvements et partis alliés, KIIRAAY – Les Patriotes Républicains adopte pour devise « La Patrie d’abord » et se positionne comme la seule force garante du projet de transformation nationale.

Le bras de fer entre le Palais et le siège du PASTEF est désormais ouvert, direct et assumé.

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