📰 « L’heure n’est pas à l’épreuve de force » : Amadou Ba appelle exécutif et législatif à un compromis sur la LFR 2026 — Sans adoption, près de 540 milliards FCFA de subventions énergétiques risquent de rester sans crédits suffisants
Dans un texte signé en qualité de député, l’ancien Premier ministre Amadou Ba lance un « appel à la responsabilité nationale » face aux divergences sur la loi de finances rectificative 2026. Il met en garde contre un risque d’impasse et demande une concertation institutionnelle immédiate.
Le député Amadou Ba lance un « appel à la responsabilité nationale » face aux divergences autour de l’adoption de la loi de finances rectificative (LFR) pour 2026, et à leurs possibles prolongements sur le prochain exercice budgétaire.
Dans ce texte, il s’exprime en sa qualité de député à l’Assemblée nationale, mais aussi d’ancien Premier ministre et d’ancien ministre des Finances.
Le risque d’impasse
Amadou Ba met en garde contre un « risque d’impasse » dont, selon lui, nul ne saurait sous-estimer les conséquences. Il estime que le désaccord est inhérent à la démocratie, mais qu’il ne doit pas conduire à la paralysie de l’État.
Il rappelle que le pays mène des discussions décisives avec le Fonds monétaire international (FMI) et ses créanciers. Il plaide pour préserver la cohérence des choix budgétaires, la confiance des partenaires et la stabilité de l’économie.
Un enjeu immédiat : 540 milliards FCFA de subventions énergétiques
Selon Amadou Ba, sans adoption de la LFR, près de 540 milliards de francs CFA de subventions énergétiques risqueraient de rester sans crédits budgétaires suffisants.
Il ne s’agirait pas, selon lui, d’une économie pour l’État. Il décrit plutôt un risque :
d’impayés ;
d’accumulation d’arriérés ;
à terme, d’un alourdissement du coût de la dette.
Il estime qu’un compromis doit être trouvé avant la fin de l’exercice budgétaire.
Légitimité des préoccupations, et refus de les opposer
Amadou Ba juge légitimes les préoccupations relatives au pouvoir d’achat, aux dépenses sociales, à l’investissement et aux subventions énergétiques.
Il soutient toutefois que la discipline budgétaire et la justice sociale ne sauraient être opposées. Selon lui, la responsabilité de gouverner consiste précisément à concilier les deux.
Un appel à la concertation institutionnelle
Il appelle le président de la République, le gouvernement et la représentation nationale à engager sans délai une concertation institutionnelle. L’objectif : dégager un compromis sur les orientations budgétaires essentielles.
Il précise que cette concertation doit respecter les prérogatives de chaque institution, l’État de droit et l’autorité des décisions de justice.
Le rappel des Assises sur l’économie
Amadou Ba rappelle avoir préconisé, lors du dialogue national, la tenue d’Assises sur l’économie. Il estime que les circonstances actuelles confortent la pertinence de cette démarche.
Il conclut : « L’incertitude a un coût, l’inaction en a un autre », et ce sont toujours les populations qui en acquittent le prix. Puis il affirme : « L’heure n’est pas à l’épreuve de force, mais à l’épreuve de responsabilité. »
