Le Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) a tranché. Les résultats de la répartition du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) pour l’année 2025 révèlent un tri sans précédent : sur 256 médias officiellement reconnus au Sénégal, 92 ont été écartés du financement. Entre dossiers incomplets, dettes sociales et non-respect du Code de la presse, l’heure est à l’assainissement du secteur.
Dakar, Sénégal – La publication des résultats du FADP 2025 marque un tournant dans la gestion des deniers publics destinés aux médias. Sur les 241 dossiers effectivement déposés, 77 ont été rejetés après un examen minutieux des services du MCTN. Si l’on ajoute les 15 médias reconnus qui n’ont pas daigné déposer de dossier, ce sont au total 164 organes de presse qui ont été retenus pour bénéficier de cette enveloppe annuelle.
La conformité fiscale : le premier filtre éliminatoire
Le message du gouvernement est clair : aucune aide publique ne sera versée sans un quitus fiscal en règle.
- 30 médias ont été éliminés pour non-conformité fiscale et sociale (dettes auprès de l’IPRES et de la CSS).
- 15 médias ont vu leur dossier rejeté car incomplet ou contenant des pièces non valides.
- 15 autres n’ont tout simplement déposé aucun dossier de candidature.
Le Code de la presse comme nouveau rempart
Au-delà de l’aspect purement financier, le MCTN a mis l’accent sur la structuration professionnelle des entreprises de presse.
- 10 médias ont été recalés pour non-respect du seuil minimal de cinq employés exigé par le Code de la presse.
- 10 autres ont été sanctionnés pour des insuffisances administratives, telles que l’absence de responsable éditorial ou des informations contradictoires dans les dossiers.
- 7 médias ont été épinglés pour des irrégularités graves, notamment des doublons où des documents identiques étaient utilisés pour plusieurs entités distinctes.
- 5 dossiers ont été rejetés pour non-respect des délais de dépôt.
Vers une presse plus structurée
Cette répartition 2025 sonne comme un avertissement pour les patrons de presse. L’époque des aides distribuées sans contrepartie semble révolue, laissant place à une exigence de transparence et de viabilité économique. Pour les 164 bénéficiaires, ce fonds constitue un souffle nécessaire, tandis que pour les 92 autres, le défi de la régularisation est désormais lancé pour espérer figurer sur les listes de 2026.
