C’est une affaire qui secoue le secteur bancaire et les hautes sphères militaires. Une gérante de société, sa sœur et un informaticien ont été placés sous mandat de dépôt après avoir réussi à soutirer près de 50 millions de FCFA à la Bank of Africa (BOA). Leur arme : une fausse attestation de virement portant la signature plagiée du Haut Commandant de la Gendarmerie.
Dakar, Sénégal – Le stratagème, décrit par le quotidien L’Observateur comme « digne d’un film », vient de connaître son épilogue judiciaire. Le trio au cœur de cette arnaque sophistiquée dort désormais en prison, après une enquête éclair menée par la Section de Recherches (SR) de Colobane.
Le faux « contrat » avec la Gendarmerie
Tout commence avec la volonté de la dame A. Fall de renflouer les caisses de sa société, « Aïcha Plus ». En quête de financements, elle décide de contourner les garanties classiques en produisant un document d’une audace folle : une Attestation de virement irrévocable (AVI) d’un montant de 56 millions de FCFA.
Ce document laissait croire que la Gendarmerie nationale devait cette somme à sa société. Pour rendre le mensonge crédible, le trio a utilisé le génie technique de M. Ndiaye, un informaticien basé à Ouakam.
Signatures du Général et du Colonel plagiées
Grâce à des scans de haute précision, les faussaires ont réussi à apposer sur l’attestation :
- La signature et le cachet du Général de division, Haut commandant de la Gendarmerie.
- Les signatures d’un Colonel de l’institution.
La sœur de la gérante est présentée comme celle ayant fourni les éléments nécessaires à ce montage frauduleux. Mise en confiance par ce document « bétonné » par la hiérarchie militaire, la banque a débloqué deux crédits successifs pour un total de 48,4 millions de FCFA.
La chute : Le virement qui n’existait pas
Le 26 mars 2026, la banque s’inquiète de ne recevoir aucun remboursement. Elle finit par contacter directement la Gendarmerie nationale pour vérification. La réponse des autorités militaires est un coup de massue : aucun contrat n’existe entre la Gendarmerie et la société « Aïcha Plus ».
Cueillis par les pandores de la Section de Recherches, les trois complices ont été déférés au parquet. Ils sont poursuivis pour faux en écriture publique et escroquerie. Cette affaire pose une nouvelle fois la question de la vulnérabilité des institutions bancaires face à la sophistication des nouvelles techniques de falsification.
