La revue de presse de ce jeudi est dominée par deux affaires qui illustrent, chacune à sa manière, la détermination du président Bassirou Diomaye Faye à imposer son autorité. Sur le front sportif, le gouvernement sénégalais monte d’un cran dans son bras de fer avec la CAF, soupçonnant une corruption et exigeant une enquête internationale. Sur le front politique, le limogeage du rappeur Kilifeu du Grand Théâtre national envoie un signal fort : la loyauté institutionnelle n’est pas négociable.
L’affaire CAN devient une affaire d’État
La décision du jury d’appel de la CAF de retirer le titre de champion d’Afrique 2025 au Sénégal pour l’attribuer au Maroc sur tapis vert a franchi un nouveau palier mercredi. Le gouvernement sénégalais a rompu le silence avec une « virulence inédite », selon Le Quotidien, en publiant un communiqué dans lequel il soupçonne ouvertement une corruption et réclame une enquête internationale sur les conditions dans lesquelles la décision a été rendue.
Le Soleil rapporte que le chef de l’État a exprimé lors du Conseil des ministres son « regret » et son « indignation » face à cette décision. Mais c’est le message non verbal du président qui a le plus frappé les esprits. Les Echos décrit une « communication silencieuse mais forte de symboles » : une photo de Bassirou Diomaye Faye penché sur ses dossiers dans son bureau présidentiel, signant des documents sous le regard du trophée de la CAN 2025, toujours présent à portée de vue. Un cliché largement diffusé sur les réseaux officiels qui envoie un message sans équivoque : le Sénégal refuse de reconnaître le retrait administratif de son titre.
« Entre recours au TAS et pressions diplomatiques, le duel entre Dakar et l’instance continentale prend une tournure judiciaire explosive », résume Le Quotidien, pendant que L’As titre sobrement : « Le Sénégal bande ses muscles. »
Des questions sans réponse autour du trophée et des primes
Au-delà de la polémique sportive, la décision du jury d’appel soulève des questions très concrètes que personne ne semble aujourd’hui en mesure de trancher clairement. Que va-t-il advenir du trophée déjà remis au Sénégal ? Les médailles distribuées aux joueurs devront-elles être restituées ? Qu’en est-il des primes versées ? Autant d’interrogations pratiques que Le Quotidien soulève et auxquelles ni la CAF ni la FSF n’ont encore apporté de réponse officielle.
La FSF, de son côté, maintient le cap : elle compte contester la décision devant le TAS, qui « logiquement devrait tout changer », selon Walfquotidien. Pendant ce temps, Libération estime que l’image de la CAF « foot le camp », tandis que son président Patrice Motsepe a réaffirmé que l’institution respectera la décision finale de l’instance de Lausanne.
Kilifeu limogé : Diomaye affirme son autorité face à Pastef
L’autre grande information de cette revue de presse concerne le limogeage de Landing Mbessane Seck, alias Kilifeu — membre du célèbre duo de rap Keur Gui et figure emblématique du mouvement Y’en a Marre — de son poste de président du conseil d’administration du Grand Théâtre national.
Ce limogeage s’inscrit dans une série de révocations qui frappe des figures proches de Pastef : avant Kilifeu, Bassirou Kébé, ex-directeur général de la Société nationale des habitations à loyer modéré, et Salimata Dieng, ex-chargée de mission à la présidence de la République, avaient déjà été écartés.
« La purge des pastéfiens se poursuit », note Walfquotidien, qui voit dans ces décisions une manière pour Diomaye d’« affirmer son autorité » et de « montrer à ses détracteurs de Pastef qu’il a, avec lui, la puissance du droit ». L’As analyse : « Silencieux mais déterminé, le président Bassirou Diomaye Faye impose peu à peu son autorité. À travers une série de limogeages ciblés, il envoie un message clair à ses alliés comme à ses adversaires : la loyauté institutionnelle n’est pas négociable. »
Tribune résume d’une formule : « Diomaye sort le bâton. »
