Pour la première fois depuis 2012, le Soudan s’invite en phase à élimination directe de la Coupe d’Afrique des nations. Qualifiés pour les huitièmes de finale malgré deux défaites en phase de groupes, les Faucons de Jediane s’apprêtent à défier le Sénégal, ce samedi 3 janvier à Tanger, avec l’ambition de créer l’un des plus grands exploits de cette CAN 2025.
Une performance déjà historique pour une sélection contrainte de vivre loin de son pays depuis plus de deux ans. En raison de la guerre civile qui ravage le Soudan depuis avril 2023, les joueurs évoluent et s’entraînent en exil, disputant leurs rencontres « à domicile » en Libye. Un contexte exceptionnel qui confère à chaque match une portée bien au-delà du terrain.
La victoire face à la Guinée équatoriale (1-0), combinée aux revers contre l’Algérie et le Burkina Faso, a suffi pour franchir la phase de groupes. Un succès vécu comme une bouffée d’espoir par un peuple meurtri par un conflit ayant causé des dizaines de milliers de morts et près de 12 millions de déplacés, selon l’ONU. « Quand nous gagnons, tous les Soudanais dans le monde sont au courant. Dans cette CAN, on veut rendre notre peuple fier », confie l’attaquant John Mano. Le capitaine Bakhit Khamis parle, lui, d’un combat porté par l’espoir et la fierté nationale.
Sur le plan historique, le Soudan n’avance pas sans références. Triple finaliste de la CAN et vainqueur en 1970, il affiche un palmarès continental respectable. Mais face au Sénégal, les statistiques sont implacables : cinq confrontations, aucune victoire soudanaise et aucun but inscrit. Un défi de taille, d’autant que les Faucons n’ont toujours pas marqué dans cette CAN, leur seul but résultant d’un contre son camp adverse.
Malgré tout, le sélectionneur Kwesi Appiah refuse toute résignation. « Nous respectons le Sénégal, mais nous ne le craignons pas », affirme-t-il, convaincu que son équipe n’est pas venue pour faire de la figuration. Un discours assumé à la veille d’un choc qui s’annonce intense.
Côté sénégalais, la prudence est de mise. Privés de Kalidou Koulibaly, suspendu, les Lions veulent éviter le piège. Le sélectionneur Pape Thiaw insiste sur la discipline tactique et la vigilance : « Nous connaissons bien cette équipe. Elle est organisée et rapide dans les transitions. Ce sera un match compliqué », prévient-il, préférant se concentrer strictement sur l’aspect sportif.
