Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye dresse un constat préoccupant du climat social au Sénégal.
Selon lui, la société traverse une phase marquée par une montée de la violence, des tensions morales et des débats sensibles autour de l’homosexualité, du VIH et de la pédophilie, notamment dans le contexte de l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo.
Une mise en garde contre la divulgation du statut sérologique
Le spécialiste rejoint la position du Premier ministre Ousmane Sonko concernant la médiatisation du statut sérologique de certaines personnes vivant avec le VIH.
Il estime que la divulgation publique de ces informations est « profondément contre-productive », car elle alimente un climat d’angoisse et compromet les objectifs de santé publique.
« Plus on crée ce climat d’angoisse, moins on arrive à nos fins », explique-t-il, appelant à laisser la justice et les experts accomplir leur mission.
Risque sanitaire et effet de clandestinité
Sur le plan psychologique et sanitaire, Serigne Mor Mbaye met en garde contre les effets pervers d’un « lynchage médiatique ».
Selon lui, la stigmatisation pourrait pousser les personnes concernées à se cacher, à éviter le dépistage ou le suivi médical, ce qui irait à l’encontre des stratégies classiques de lutte contre le VIH, fondées sur la confidentialité, l’accompagnement et la prévention.
Il insiste sur la distinction entre justice institutionnelle et justice populaire, rappelant que « les foules sont souvent folles » et que seule la justice est habilitée à établir les responsabilités.
Un appel à l’apaisement
En conclusion, le psychologue appelle à « revenir à de meilleurs sentiments » et à éviter la vindicte populaire.
Son intervention s’inscrit dans un débat plus large sur l’équilibre entre droit à l’information, respect de la vie privée, impératifs de santé publique et exigences de justice dans des affaires à forte charge émotionnelle.
