L’analyse fait l’effet d’une décharge électrique sur la scène politique. Invité de l’émission phare « Tolluwaay » sur Seneweb ce mardi 9 juin 2026, le fondateur du célèbre think tank Afrikajom Center, Alioune Tine, a passé au scanner la nouvelle architecture institutionnelle du Sénégal. Sans langue de bois, la figure historique de la société civile a directement ciblé la stratégie du leader de PASTEF, qualifiant son installation au Perchoir de l’Assemblée nationale d’erreur stratégique majeure pour son avenir politique.
❌ « Il aurait dû s’écarter » : Le diagnostic sans concession d’Alioune Tine
Pour Alioune Tine, le diagnostic de la relation au sommet de l’État est clair : il n’y a pas encore de divorce consommé entre Ousmane Sonko et le Président Bassirou Diomaye Faye, mais un « manque d’entente » manifeste qui a poussé le leader de PASTEF à quitter la Primature le 22 mai dernier. Cependant, c’est le choix de sa point de chute qui pose problème.
- Une erreur de trajectoire : « Si j’étais proche de lui, je ne lui aurais jamais conseillé de prendre la tête de l’hémicycle. C’est une erreur », a martelé le droit-de-l’hommiste.
- Le timing du pouvoir : Selon le patron d’Afrikajom Center, le calcul à long terme aurait dû être tout autre : « Son ambition, c’est d’être président de la République. Après son départ de la Primature, il aurait dû s’écarter un peu, gérer son parti et (en 2029) ce sont les Sénégalais qui le porteront à la tête du pays ». En s’accrochant immédiatement à une institution, Sonko s’exposerait inutilement à l’usure du pouvoir.
🗳️ Le facteur El Malick Ndiaye : Un sacrifice jugé inutile
Alioune Tine a également jeté un pavé dans la mare en évoquant le cas du président sortant de l’Hémicycle, El Malick Ndiaye, poussé vers la sortie le 26 mai 2026 pour céder la place au « Patriote en chef ».
« Qu’on le veuille ou non, El Malick Ndiaye faisait bien son travail. Il avait incarné ce poste et faisait ce que tout le monde attendait de lui », a rappelé l’invité de Tolluwaay.
Pour le leader de la société civile, la présidence de l’Assemblée nationale n’apporte strictement aucune plus-value politique à Ousmane Sonko :
- Les députés de la majorité parlementaire lui sont déjà totalement acquis.
- « Il n’avait même pas besoin d’être le président de l’Assemblée nationale pour que les parlementaires fassent ce qu’il attend d’eux », enfonce-t-il, concluant que Sonko aurait pu très facilement « diriger l’Assemblée nationale à distance », tout en laissant El Malick Ndiaye poursuivre le travail entamé.
