Dakar, 5 mars 2026. L’avocat Me Moussa Diop et le professeur Cheikh Oumar Diagne sont convoqués ce vendredi à la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar, placée sous le commandement du commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng. Selon des sources de Seneweb, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar s’est autosaisi après des déclarations jugées graves des deux hommes à la télévision, visant directement le Premier ministre Ousmane Sonko.

Deux déclarations télévisées qui ont déclenché l’action publique

Cheikh Oumar Diagne accuse Sonko d’être « commanditaire » d’une mort

Tout a commencé par une sortie fracassante du professeur Cheikh Oumar Diagne sur un plateau de télévision sénégalais. L’universitaire a accusé le Premier ministre Ousmane Sonko d’être le « commanditaire » de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Des propos d’une extrême gravité qui ont immédiatement suscité une vive réaction des autorités judiciaires.

Me Moussa Diop évoque des « relations avec des homosexuels »

De son côté, l’avocat Me Moussa Diop a fait une déclaration tout aussi explosive sur le plateau d’une autre chaîne de télévision, affirmant que le chef du gouvernement sénégalais entretenait des relations amicales avec des homosexuels — des propos particulièrement sensibles dans le contexte sociétal actuel au Sénégal.


Le parquet se saisit d’office

Face à ces deux sorties médiatiques jugées diffamatoires et potentiellement attentatoires à l’ordre public, le chef du parquet a décidé de s’autosaisir sans attendre une plainte formelle, en ordonnant à la Sûreté urbaine d’ouvrir une enquête, selon les sources de Seneweb.

C’est dans ce cadre que Me Moussa Diop et Cheikh Oumar Diagne ont été officiellement convoqués ce vendredi pour être entendus par les enquêteurs du commissariat central de Dakar.


Une audition décisive pour les deux mis en cause

Selon les informations recueillies, les deux hommes devront se montrer très convaincants devant les enquêteurs pour espérer quitter les locaux de la Sûreté urbaine en homme libres à l’issue de leur audition. Les charges potentielles — diffamation, fausses nouvelles, propos de nature à troubler l’ordre public — sont suffisamment lourdes pour envisager un placement en garde à vue ou des poursuites judiciaires formelles.


Un contexte de tensions entre opposition et pouvoir

Cette procédure s’inscrit dans un contexte de vives tensions entre certaines figures de l’opposition et de la société civile d’un côté, et le gouvernement de l’autre. Les attaques verbales contre le Premier ministre Sonko se sont multipliées ces dernières semaines sur les plateaux de télévision, alimentant un climat politique tendu. La réaction du parquet envoie un signal clair : les accusations sans preuves visant les plus hautes autorités de l’État exposeront désormais leurs auteurs à des poursuites judiciaires.

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