Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères est au cœur d’un scandale judiciaire. Ce lundi, douze membres d’un réseau présumé de falsification de documents administratifs ont été déférés au parquet de Dakar, parmi lesquels des agents des forces de défense et de sécurité (FDS) et des fonctionnaires du ministère. Un mandat d’arrêt a par ailleurs été émis contre un membre présumé du réseau toujours en fuite, selon les informations de Sami24tv.
Un réseau structuré au cœur de l’administration
L’affaire, qui secoue le ministère depuis la semaine dernière, a éclaté à la suite d’investigations menées par la section de recherches de Colobane. Les enquêteurs ont mis au jour un réseau organisé de falsification d’actes d’état civil, opérant depuis l’annexe du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, précisément au sein du bureau de législation chargé des documents administratifs.
Les mis en cause répondent des chefs d’accusation d’association de malfaiteurs, de faux et d’usage de faux en écriture publique authentique — des infractions particulièrement graves en raison de leur nature et du cadre institutionnel dans lequel elles ont été commises.
Douze suspects devant le parquet, un mandat d’arrêt émis
Les personnes déférées ce lundi sont identifiées sous les noms de B. Sadio, O. Kantèye, A. Sèye, L. Ndiaye, Cheikh K. Sadio, M. D. Sidibé, M. Guèye, D. Thomas, M. D. Wane, O. Diouf, G. Nzaly et A. Adji. Le profil composite du groupe — agents de l’État et membres des forces de défense et de sécurité — témoigne du degré de pénétration du réseau au sein des structures administratives.
Selon les informations de Sami24tv, le procureur de la République a également émis un mandat d’arrêt contre un FDS soupçonné d’être un membre actif du réseau et qui n’a pas encore été appréhendé.
Une information judiciaire attendue
À l’issue de leur présentation au parquet, les suspects font l’objet d’un retour de parquet. L’ouverture d’une information judiciaire est attendue, ce qui permettrait à un juge d’instruction de mener des investigations approfondies sur l’étendue réelle du réseau et l’identité de l’ensemble de ses membres.
Cette affaire soulève des questions sérieuses sur les failles dans le contrôle interne des services administratifs sensibles, chargés de délivrer des documents officiels à forte valeur juridique.
