À l’occasion du 9e anniversaire du MONEP, le Premier ministre Ousmane Sonko a brisé le silence sur la crise qui secoue le secteur de l’éducation. Entre menaces de suspension des enseignements, confirmation des retenues sur salaires et promesse d’une réforme profonde, le chef du gouvernement a opposé une fin de fin de non-recevoir à ce qu’il qualifie de « stratégie d’usure » des syndicats.
Dakar, Sénégal – Le ton était électrique ce vendredi au Mouvement national des enseignants patriotes (MONEP). Face à un auditoire composé de délégués syndicaux, Ousmane Sonko n’a pas fait dans la dentelle. Dès l’entame, le Premier ministre a posé un ultimatum clair : le respect des engagements mutuels ou l’arrêt pur et simple des enseignements. « Personne ne peut nous mettre à l’usure », a-t-il martelé, marquant ainsi la fin de la récréation.
Un bilan défendu et une réforme « équitable » en gestation
Répondant aux critiques sur la lenteur des réformes, le chef du gouvernement a rappelé que plus de la moitié des engagements envers le secteur de l’éducation ont été remplis en seulement deux ans. Pour lui, exiger des changements radicaux « tout de suite et maintenant » est irréaliste.
Ousmane Sonko a néanmoins réitéré sa volonté de s’attaquer aux injustices du système de rémunération, un combat qu’il portait déjà dans l’opposition. Un comité au ministère des Finances planche actuellement sur une refonte globale pour les 200 000 fonctionnaires (enseignants, médecins, infirmiers). Mais le Premier ministre prévient : une telle réforme ne se fait pas « en un mois ».
Ponctions sur les salaires : « Un salaire indu est un péché »
Sur le point le plus brûlant, celui des ponctions salariales, la position de la Primature est sans équivoque. Si Ousmane Sonko a ordonné la restitution des sommes injustement prélevées sur les enseignants n’ayant pas fait grève, il reste inflexible pour les grévistes.
Invoquant une « symétrie juridique », il estime que si la grève est un droit, le non-paiement d’un service non rendu en est un autre. « Même en tant que croyant, on doit me refuser ça. Parce que c’est un salaire indu », a-t-il lancé, dénonçant l’incohérence des syndicats qui maintiennent leurs « missiles » (plans d’action) alors que les négociations sont en cours.
Vers une fin d’année sous haute tension
En utilisant la métaphore guerrière, le Premier ministre a clairement indiqué que le gouvernement ne reculerait pas devant la pression. Tout en affirmant rester « très ouvert » au dialogue, il place les syndicats devant leurs responsabilités à quelques semaines des examens de fin d’année. Le bras de fer entre l’avenue Roume et les craies semble avoir atteint un point de non-retour.
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