C’est un refus catégorique qui vient fragiliser l’unanimisme recherché par l’exécutif. L’Alliance Pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, a annoncé qu’elle ne participera pas aux audiences de concertation nationale convoquées par le président Bassirou Diomaye Faye du 21 au 31 mai 2026. Dans un communiqué officiel publié par son Secrétariat Exécutif National (SEN), la principale force de l’opposition dénonce une rupture des traditions républicaines.
🛑 Les raisons du boycott : Un processus jugé « exclusif » et flou
Pour justifier sa politique de la chaise vide, le parti beige-marron dresse un réquisitoire sévère contre la démarche adoptée par le nouveau pouvoir :
- Mise à l’écart des partis : L’APR reproche au chef de l’État d’avoir délibérément contourné les formations politiques et les coalitions structurées, alors qu’ils sont, selon elle, les acteurs indispensables de la vie publique nationale.
- Absence de transparence : Le communiqué pointe du doigt le manque total de Termes de Référence (TDR) clairs. L’APR estime que de graves incertitudes planent sur l’agenda réel, le ciblage des participants invités au Palais, ainsi que sur les finalités profondes de ces consultations.
⚖️ L’argument juridique : Violation du décret de 2016
Sur le terrain légal, l’ancien parti au pouvoir estime que la formule choisie par Bassirou Diomaye Faye constitue un recul institutionnel :
- Selon le SEN de l’APR, le format d’audiences restreintes retenu se situe « très largement en deçà » des dispositions du décret présidentiel de 2016 qui avait instauré le Comité de pilotage du dialogue national.
- Ce texte consacre historiquement le 28 mai comme la Journée officielle du dialogue national, un cadre que le parti de Macky Sall estime bafoué par le calendrier imposé cette année.
📉 Quel impact sur la représentativité du dialogue ?
En décidant qu’aucun mandataire de sa structure ne franchira les portes du Palais de la République, l’APR prive le chef de l’État de la participation d’une force majeure de l’opposition parlementaire. Ce boycott, qui fait écho aux réserves d’autres franges de l’opposition ulcérées par les récentes réformes du Code électoral, risque de peser lourd sur la légitimité des conclusions qui sortiront de ces dix jours de consultations.
