Le Sénégal retient son souffle. Ce lundi 29 juin 2026, l’Assemblée nationale a officiellement entamé l’examen, en séance plénière, de la proposition de loi portant révision de la Constitution. Portée par le groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes, cette réforme majeure vise à redessiner l’architecture institutionnelle et démocratique du pays.

Dans une atmosphère de haute tension politique, marquée par les récentes sorties d’Aminata Touré et du mouvement Y’en a marre, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a ouvert les travaux en imposant une discipline de fer au sein de l’hémicycle.

📜 1. Les visages et les fondements de la réforme de Pastef

Cette proposition législative historique est portée au front par des figures clés de la nouvelle majorité parlementaire :

  • Les initiateurs : Mohamed Ayib Salim Daffé (président du groupe Pastef), Abdoulaye Tall (président de la Commission des lois), ainsi que leurs collègues parlementaires Fatma Mbodj, Abdoulaye Sow et Anne Marie Yacine Tine.
  • Les sources d’inspiration : Pour légitimer le texte, les auteurs rappellent que la proposition s’appuie sur une compilation des grandes contributions démocratiques du pays, notamment les Assises nationales (2009), la CNRI (2013), le Pacte national de bonne gouvernance, les Assises de la Justice (2024) et le Dialogue national de 2025.

⚙️ 2. Cour constitutionnelle, incompatibilité : Ce qui va changer

Le document officiel de l’Assemblée nationale liste plusieurs innovations d’envergure qui, selon la majorité, visent à renforcer la séparation des pouvoirs et l’état de droit :

DomaineInnovation majeure introduite
JusticeCréation d’une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel.
ExécutifConsécration de l’incompatibilité stricte entre la fonction de président de la République et la direction d’un parti politique.
TransitionEncadrement strict des décisions publiques dans la période critique entre le vote présidentiel et la proclamation des résultats.
Droits numériquesConsécration constitutionnelle de l’accès universel aux communications électroniques.

À noter : l’exposé des motifs précise que plusieurs aménagements et modifications ont été apportés au texte initial lors des travaux en commission.

🚫 3. Discipline de fer : Ousmane Sonko verrouille les débats

Conscient de l’extrême sensibilité des échanges et de la présence dans l’édifice du garde des Sceaux, ministre de la Justice, Moussa Sarr, et du ministre de la Communication, Bacary Sarr, le président Ousmane Sonko a tenu d’entrée à sanctuariser l’hémicycle.

  • Rappel à l’article 64 : Le président de la Chambre a formellement interdit les attaques personnelles, les interpellations de collègue à collègue et les interruptions intempestives.
  • Silence absolu dans les tribunes : Le public et les invités sont soumis à une obligation de décence. Tout signe d’approbation ou de désapprobation sera immédiatement sanctionné par une expulsion. L’usage des téléphones portables a également été banni des salles de plénière et de commission.

« Il est nécessaire de préserver un climat de sérénité propice aux débats autour de ce texte soumis à l’appréciation de la représentation nationale », a proclamé Ousmane Sonko, appelant à des échanges empreints de dignité institutionnelle.

Les débats au fond viennent de commencer et s’annoncent d’ores et déjà électriques.

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