Le Sénégal passe au scanner du Fonds Monétaire International (FMI). À la suite d’une mission technique cruciale menée à Dakar du 15 au 19 juin 2026, l’institution financière internationale a livré ses conclusions sur la trajectoire économique du pays. Menée par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, cette visite a permis de dresser un bilan chiffré de la transition économique et d’acter la volonté du gouvernement sénégalais de sceller un nouvel accord financier de grande envergure.
Entre résilience pétrolière, assainissement des comptes et menaces géopolitiques, voici les grands axes du rapport du FMI.
🧮 1. Les chiffres clés de l’économie sénégalaise (2024-2025)
Malgré une conjoncture internationale instable, le Sénégal affiche des indicateurs de performance macroéconomique en nette amélioration, portés par le démarrage à plein régime de l’industrie des hydrocarbures :
| Indicateur Macroéconomique | Exercice 2024 | Exercice 2025 | Tendance / Cause principale |
| Croissance du PIB réel | — | + 6,7% | 📈 Forte poussée du secteur pétrolier et gazier |
| Déficit budgétaire global | 13,4% du PIB | 6,4% du PIB | 📉 Forte réduction des dépenses et assainissement |
| Déficit du compte courant | Élevé | En contraction | 🛒 Hausse des exportations d’or noir / Baisse des importations |
🧹 2. Gouvernance : Le FMI salue le nettoyage des « données erronées » de l’ancien régime
La cheffe de mission, Mercedes Vera Martin, a officiellement salué la transparence et la rigueur de la nouvelle équipe gouvernementale. Le FMI félicite Dakar pour ses réformes visant à corriger les vulnérabilités liées à la communication de données falsifiées (misreporting) sous la précédente administration.
Le FMI note des avancées majeures :
- Unification des fonctions de gestion de la dette publique.
- Renforcement global de la gestion des deniers de l’État.
L’avertissement du FMI : Si les réformes intérieures avancent bien pour clore définitivement le dossier du misreporting, les perspectives à court terme restent sous l’effet de risques externes élevés. La hausse brutale des cours mondiaux du brut, provoquée par l’intensification de la guerre au Moyen-Orient, menace directement d’alourdir la facture des subventions énergétiques non ciblées au Sénégal.
🏛️ 3. Un nouveau programme en vue avec le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo
Durant ces quatre jours de conclave, la délégation internationale a multiplié les réunions stratégiques de haut niveau avec les nouveaux visages de l’exécutif : le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan Cheikh Diba, ainsi que le directeur national de la BCEAO, François Sène.
Face aux fortes pressions sur le financement de la dette et aux incertitudes mondiales, les autorités sénégalaises ont officiellement réitéré leur vif intérêt pour la signature rapide d’un nouveau programme d’assistance financière appuyé par le FMI. Les piliers de ce futur accord sont déjà tracés : consolidation budgétaire stricte, réduction structurelle de la dette et renforcement des filets sociaux pour une croissance plus inclusive.

