La cohabitation au sommet de l’État sénégalais prend une tournure purement doctrinale. Trois semaines après son limogeage de la Primature, le tout nouveau président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a profité d’une tribune sur France 24 et RFI pour répondre directement aux récentes déclarations du Président Bassirou Diomaye Faye. Alors que ce dernier appelait, lors d’un hommage à Abdoulaye Wade, à dépasser les différends pour ne pas « déchirer le pays », le leader de PASTEF a tenu à rassurer l’opinion tout en décochant des flèches acérées contre la nouvelle trajectoire du Palais.

🇸🇳 1. « Pas de déchirure » : Ousmane Sonko écarte le spectre de la déstabilisation
Face aux craintes d’une crise institutionnelle majeure qui bloquerait le Sénégal, le président de l’Assemblée nationale s’est voulu catégorique et souverain :

Un peuple au-dessus des querelles : « Je ne pense pas qu’il y ait querelle. Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir. Je peux rassurer tout le monde qu’il n’y aura pas de déchirure », a-t-il affirmé avec force.

Le jeu normal de la démocratie : Pour le leader des Patriotes, le débat ne doit pas être dramatisé. Il admet des divergences politiques et programmatiques profondes avec le pouvoir exécutif, mais exclut toute velléité de déstabilisation du pays.

🎯 2. Le réquisitoire politique : « Des engagements complètement dévoyés »
C’est sur le terrain du respect des promesses électorales que le président de l’Assemblée nationale a porté sa critique la plus lourde contre Bassirou Diomaye Faye. Refusant de s’abaisser au vocabulaire de la rancœur, il rejette le terme de « trahison » pour imposer un constat politique sévère :

« Les notions de trahison relèvent de la morale et de l’affectif. Je préfère être sur un terrain politique. Ce sont des engagements qui ont été pris vis-à-vis du peuple sénégalais pendant dix ans d’opposition et dont beaucoup ont été complètement dévoyés dans la trajectoire qui a été choisie. Certains de ces engagements ne sont pas respectés et il n’y a pas de volonté de les respecter. »

Par ce positionnement, le chef de file de PASTEF se pose désormais en gardien de l’orthodoxie du « Projet » originel face à un pouvoir exécutif qu’il accuse de reniement.

🏛️ 3. Cap sur l’Hémicycle : Sonko assume son bilan et refuse la victimisation
Interpellé sur ses ambitions pour la Présidentielle de 2029 et son départ de la Primature, l’ancien chef du gouvernement refuse de s’enfermer dans une posture de victime. « Cette affaire appartient désormais à l’histoire politique. Cette séparation sur le plan institutionnel n’est pas l’aspect le plus marquant de ma carrière », balaie-t-il.

Désormais concentré sur ses nouvelles charges législatives, il trace sa feuille de route :

Un mandat partagé : Ousmane Sonko rappelle qu’il a dirigé le gouvernement pendant deux ans et qu’il assume pleinement son bilan. Il souligne que ce quinquennat reste « notre mandat ».

Complémentarité et contrôle : Tout en souhaitant le succès du reste du mandat pour le bonheur des Sénégalais, il annonce que ses énergies sont concentrées à redonner à l’Assemblée nationale sa véritable place de contrôle. L’exécutif gouvernera, mais le législatif veillera au grain sans concession.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PLUS D'ACTUALITÉS

Sonko renforce la priorité sur la commercialisation de l’arachide

Le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé, mercredi en Conseil des ministres, la priorité accordée par le gouvernement à la campagne de commercialisation de l’arachide. Lors de la réunion hebdomadaire

ÉCONOMIE : Le Groupe SENICO réaffirme son soutien à la « Vision Sénégal 2050 » au Palais

Le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience ce mardi 5 mai 2026, à la Présidence de la République, une délégation du groupe SENICO conduite par son

REVUE DE PRESSE : Jeudi 4 juin 2026 : Le Sénégal célèbre le centenaire de l’Imam des vils, la parité en berne et le retour du cauchemar des délestages !

Le paysage médiatique de ce jeudi est marqué par une grande charge d’émotions et de contrastes. D’un côté, le Sénégal s’arrête pour rendre un hommage historique et transpartisan au patriarche