Le ton se durcit entre l’Hémicycle et le Palais. Alors que la rupture politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié est désormais consommée, le tout nouveau président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a profité d’un grand entretien sur les antennes de France 24 pour fixer ses règles du jeu. Le leader de PASTEF a envoyé un message on ne peut plus clair à l’exécutif : la majorité parlementaire n’hésitera pas à faire tomber le gouvernement si la situation l’exige.
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❌ « Pas de chèque en blanc » : Le recadrage d’Ousmane Sonko
Revenant sur ses précédentes déclarations où il affirmait que PASTEF ne chercherait pas à bloquer l’État, Ousmane Sonko a tenu à préciser sa pensée pour dissiper toute ambiguïté sur sa stratégie parlementaire :
- Une position de principe : L’absence de blocage initial n’est pas un blanc-seing. « Nous ne serons pas dans des logiques politiciennes de censurer pour régler des comptes », a-t-il d’abord tempéré, affirmant ne pas vouloir entraver inutilement le démarrage de l’équipe gouvernementale.
- L’avertissement institutionnel : Le président de l’Assemblée nationale a immédiatement rappelé que la motion de censure reste l’arme fatale des députés. « Aucun chèque en blanc n’a été accordé au gouvernement […] Si les circonstances l’exigent, nous l’utiliserons », a-t-il martelé avec fermeté.
⏳ Trop tôt pour juger le gouvernement d’Alhaminou Lô
Malgré la menace brandie, le leader des Patriotes refuse de précipiter les choses. Il estime qu’il faut accorder le bénéfice du temps à la nouvelle équipe ministérielle dirigée par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô.
« Le gouvernement vient d’être installé et il doit disposer du temps nécessaire pour mettre en œuvre sa politique. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’action gouvernementale. »
⚖️ « Pas besoin d’être de grands amis » : La froideur républicaine
Dans une formule percutante qui en dit long sur la dégradation de ses relations personnelles avec le Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a prôné une séparation stricte, presque chirurgicale, des pouvoirs de la République.
Pour lui, la Constitution se suffit à elle-même et l’affect n’a plus sa place au sommet de l’État :
- Chacun son rôle : L’exécutif doit gouverner au Palais, tandis que l’Assemblée nationale doit voter les lois et contrôler rigoureusement l’action du gouvernement.
- La phrase choc : « Nous n’avons pas besoin d’être de grands amis pour que cela fonctionne », a-t-il lâché avec détachement, estimant que la stabilité des institutions repose uniquement sur le respect des textes, et non sur les affinités politiques ou personnelles.
