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Les acteurs sénégalais du transport aérien ont réaffirmé, mardi, leur engagement en faveur d’une restructuration profonde du secteur du fret, avec pour objectif clair : faire du Sénégal le premier hub de fret aérien de la sous-région et renforcer sa présence dans le commerce mondial.
Cette ambition est au cœur d’un atelier de trois jours consacré à l’élaboration d’un plan d’orientation stratégique sur le fret aérien, organisé par la direction des Transports aériens.
Selon Souleymane Guèye, directeur des Transports aériens au ministère des Transports terrestres et aériens, la vision des autorités est sans équivoque.
« L’ambition du gouvernement est claire : faire du Sénégal un hub de fret dans la sous-région. Malgré certaines contre-performances passées, cette ambition repose sur des fondations solides et des actions déjà engagées », a-t-il déclaré.
En 2024, le Sénégal a traité 39 921 tonnes de fret aérien, soit une hausse de 3 % par rapport à 2023. Une progression jugée encourageante mais encore insuffisante. À titre de comparaison, le volume enregistré avant la pandémie de Covid-19 en 2019 dépassait de 6 % celui de 2024.
Une performance en décalage avec la dynamique économique du pays. En décembre 2024, les exportations sénégalaises ont atteint 404,3 milliards de francs CFA, tirées notamment par les secteurs minier, pétrolier et gazier, mais aussi par les productions agricoles, artisanales et halieutiques, encore peu valorisées par le fret aérien.
Face à ce constat, le chef de l’État a donné, lors du Conseil des ministres du 26 novembre, des instructions visant à combler l’écart entre le potentiel national et les performances actuelles. Il a notamment prescrit un approfondissement de la stratégie de hub aérien, dans toutes ses dimensions.
Parmi les principaux défis identifiés figurent l’optimisation des infrastructures, l’adaptation du cadre réglementaire, le développement des compétences et l’adoption de technologies innovantes. Autant d’enjeux que l’atelier entend adresser.
Pour Ousmane Diagne, directeur de cabinet du ministre des Transports terrestres et aériens, la transformation doit aller au-delà des seules infrastructures.
« C’est toute la chaîne de valeur du fret aérien qu’il faut repenser », a-t-il affirmé, plaidant pour une logistique intégrée, fondée sur la digitalisation, la transparence, la traçabilité et l’efficacité opérationnelle.
Il a également insisté sur la nécessité de faire de l’intermodalité une norme, en assurant une synergie optimale entre les transports aérien, routier, ferroviaire et maritime, condition essentielle pour positionner durablement le Sénégal comme plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest.

