Contre toute attente, et après avoir soufflé le chaud et le froid, le leader de PASTEF-Les Patriotes a choisi de jouer la carte de la responsabilité républicaine. Lors de sa déclaration de presse très attendue ce mardi après-midi, le nouveau Président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a formellement assuré que sa formation politique n’entend pas utiliser sa majorité parlementaire pour renverser le tout nouveau gouvernement par une motion de censure.
🛡️ L’arme de la censure écartée par « patriotisme »
Alors que la presse du matin s’inquiétait déjà des risques de blocage institutionnel, Ousmane Sonko a tenu à rassurer l’opinion publique ainsi que les partenaires internationaux. Le président de l’Assemblée nationale a rappelé la puissance politique de sa formation à l’hémicycle tout en fixant ses limites doctrinales :
“Si PASTEF le veut, ce gouvernement peut être censuré. Mais nous ne censurerons pas. Nous ne sommes pas son [le président Faye] adversaire, par patriotisme et pour l’intérêt supérieur de la nation”.
Entouré pour l’occasion des ministres sortants et hauts responsables de sa formation — parmi lesquels Daouda Ngom, Amadou Ba, Maimouna Dieye, Khady Diene Gaye, Birame Souleye Diop — ainsi que du président du groupe parlementaire majoritaire Ayib Daffé, le leader des Patriotes a choisi de placer l’intérêt du pays au-dessus des querelles de palais afin de rassurer les bailleurs de fonds et les investisseurs.
🤝 Une cohabitation imposée et un appel au dialogue
Si la motion de censure est écartée, le chef de l’État va devoir composer avec une nouvelle réalité politique au sommet de l’État. “La cohabitation s’impose au chef de l’État”, a prévenu Ousmane Sonko.
Pour éviter que le Sénégal ne plonge dans une crise institutionnelle majeure, le leader de PASTEF en appelle à la maturité des différents acteurs :
- Une condamnation à s’entendre : “Nous sommes obligés de cohabiter. Nous sommes là pour l’accompagner. Nous sommes condamnés à nous parler, à dialoguer en tant que responsables pour éviter une crise”.
- La méthode proposée : Le président du Parlement préconise ainsi un « dialogue politique intelligent », précisant que cette démarche républicaine n’empêche absolument pas chacun de poursuivre ses propres ambitions politiques pour l’avenir.
📉 Les quatre points de désaccord avec le Président Diomaye Faye
Pour la première fois, Ousmane Sonko a listé de manière précise les motifs de fond qui ont conduit à la rupture et à la non-participation de PASTEF au nouveau gouvernement d’Ahmadou Alamine Mohamed Lo. Au-delà de l’architecture gouvernementale, de profonds différends programmatiques ont éclaté avec le chef de l’État sur quatre dossiers ultra-stratégiques :
- Le pouvoir d’achat ;
- La gestion de la dette ;
- La renégociation des contrats stratégiques ;
- La réforme de la justice.
La hache de guerre institutionnelle est temporairement enterrée, mais les divergences de fond restent entières.
