L’officialisation du soutien de l’État du Sénégal à la candidature de l’ancien président Macky Sall pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies marque un tournant majeur. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le Dr Ousmane Kane, ancien haut fonctionnaire de l’ONU et ex-conseiller principal au Département d’État américain, décrypte la portée et les défis majeurs de cette démarche diplomatique d’envergure.
Selon l’expert, l’appui du président Bassirou Diomaye Faye lève toute ambiguïté et offre une légitimité institutionnelle inédite à cette ambition.
🏛️ 1. La diplomatie sénégalaise entre en action pour porter le projet national
En transformant une initiative personnelle en projet porté par l’État, la décision du pouvoir central déploie toute la machine diplomatique sénégalaise en faveur de l’ancien chef d’État :
- Un réseau sous bannière nationale : La Présidence de la République, le ministère des Affaires étrangères, les ambassades et les représentations permanentes du Sénégal peuvent désormais défendre ouvertement Macky Sall.
- Un poids auprès des chancelleries : Cet appui officiel ouvre les portes des gouvernements et des partenaires stratégiques, presenting le candidat non plus comme un leader isolé, mais comme le porte-étendard d’une ambition nationale.
🌍 2. Consensus africain et grands équilibres : Les deux verrous à sauter
Toutefois, le Dr Ousmane Kane rappelle que le soutien d’un État ne garantit pas automatiquement l’élection, qui reste l’un des exercices diplomatiques les plus complexes au monde :
- Construire le bloc africain : Macky Sall devra rallier un soutien continental massif pour éviter les divisions régionales qui affaibliraient la crédibilité de l’Afrique.
- Convaincre le Conseil de sécurité : Le candidat devra obligatoirement être accepté par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (P5), en démontrant sa capacité de dialogue au milieu de puissances aux intérêts souvent antagonistes pour éviter tout veto.
📋 3. Un programme de réformes face aux crises mondiales
Pour réussir, Macky Sall ne pourra pas compter uniquement sur son seul bilan de chef d’État. L’ONU traverse une période de turbulences majeures (multiplication des conflits, paralysie du Conseil de sécurité, fractures Nord-Sud, enjeux climatiques et technologiques) qui nécessitera une vision prospective forte.
Une opportunité stratégique pour Dakar : Au-delà du destin de l’ancien président, le Dr Ousmane Kane souligne que cette campagne permettra au Sénégal de dynamiser son réseau diplomatique, de renforcer sa voix dans le multilatéralisme et d’accroître son influence dans les grandes médiations internationales.
