L’envoyé spécial de l’APS à New York a capté le pouls de la diaspora après le premier choc des Lions. Vingt-quatre heures après le revers frustrant ($3-1$) concédé face à la France au MetLife Stadium du New Jersey, l’ambiance est lourde à Harlem, dans le célèbre quartier de la 116e rue surnommé « Little Senegal ». Entre deux tasses de café et sous les drapeaux vert-blanc-rouge qui ornent les salons de coiffure et les échoppes, le débat tactique fait rage. La diaspora exige un sursaut d’orgueil immédiat pour les deux prochains matchs du Groupe I.
🗣️ 1. L’amertume de Harlem : Tactique et manque d’efficacité pointés du doigt
Dans le fief des expatriés sénégalais, la pilule de la défaite inaugurale a du mal à passer. Les analyses fusent à chaque coin de rue et les cadres de la Tanière ne sont pas épargnés :
- Les choix de Pape Thiaw contestés : Abdoulaye Niang, ressortissant originaire de Louga, regrette le onze de départ : « Le coach a fait des erreurs dans son classement, alors que nos joueurs ont les mêmes valeurs ». De son côté, le commerçant Talla Niang réclame plus d’audace et la titularisation de jeunes pépites à l’image du jeune buteur Ibrahim Mbaye.
- Le coup de gueule des expatriés de Paris : Venu spécialement de France pour le match, Salif Diao ne cache pas sa déception face au manque de réalisme offensif : « Sadio Mané n’aurait pas dû terminer le match, Ismaïla Sarr n’a pas grandi. Si Ismaïla Sarr et Nicolas Jackson avaient concrétisé leurs nombreuses occasions, nous ne serions pas dans cette situation », peste-t-il, redoutant déjà le chambrage de ses collègues à son retour à Paris.
🤝 2. L’appel à la raison : « Tapha Dabrains » invoque le syndrome argentin de 2022
Au milieu de cette tempête de critiques sur les réseaux sociaux et dans les rues de New York, des voix s’élèvent pour calmer le jeu et appeler à la remobilisation générale. C’est le cas de l’acteur culturel Moustapha Dieng, alias « Tapha Dabrains », promoteur de « La Marmite du Cœur », de passage dans la métropole américaine.
L’activiste invite les supporters à ne pas sombrer dans le catastrophisme et rappelle un précédent historique majeur :
« C’est un match de football. En 2022, l’Argentine avait perdu d’entrée contre l’Arabie Saoudite, avant de devenir championne du monde. L’état d’esprit des supporters ne doit pas fléchir avant celui des joueurs. »
Il a également fermement défendu le sélectionneur national : « Pape Thiaw nous a offert la Coupe d’Afrique en janvier [2026], il ne faut pas l’oublier. C’est un bon coach, un ancien joueur qui connaît les enjeux. Nous avons entamé timidement, mais ça va venir ».
🇳🇴 3. Cap sur la Norvège et l’Irak : Gagner ou prendre la porte
Pour espérer voir les huitièmes de finale de ce Mondial nord-américain, les calculs sont désormais simples pour les champions d’Afrique en titre. Le Sénégal doit impérativement redresser la barre lors de ses deux prochaines sorties de poule. La première finale pour la survie se jouera le 23 juin prochain face à la Norvège, avant de sceller le destin du groupe contre l’Irak. À « Little Senegal », malgré la colère légitime, la foi reste intacte : le peuple attend le réveil des Lions.
