Dakar, Sénégal — Face au débat grandissant sur la migration et à la montée de discours stigmatisants sur les réseaux sociaux, l’ambassadeur de la République de Guinée au Sénégal, Mandjou Dioubaté, est monté au créneau. Lors d’une rencontre stratégique avec les doyens de la communauté guinéenne à Dakar, le diplomate a tenu un discours d’apaisement, de fermeté et de responsabilité.
Une fraternité historique à l’épreuve des réseaux sociaux
Alors que des tensions verbales visant les ressortissants étrangers se multiplient en ligne, le représentant diplomatique guinéen a balayé catégoriquement toute menace d’expulsion collective. « Nul ne pourra vous chasser du Sénégal, c’est une certitude. Ce n’est d’ailleurs absolument pas la volonté du gouvernement sénégalais », a martelé Mandjou Dioubaté.
Ecartant les invectives isolées propagées par « quelques arrivistes », le diplomate a rappelé la profondeur des liens humains et sociaux entre les deux peuples : « Les Sénégalais vivent en Guinée et les Guinéens vivent au Sénégal, c’est cela la réalité. »
Cette position s’appuie sur une entente parfaite entre les deux chefs d’État, le Président Bassirou Diomaye Faye et le Général Mamadi Doumbouya, qui échangent régulièrement pour garantir la stabilité et le développement socio-économique de leurs nations respectives.
Respect des lois locales et condamnation ferme de la xénophobie
Tout en rassurant ses compatriotes, l’ambassadeur a fermement rappelé les devoirs de la communauté guinéenne au Sénégal. Il a insisté sur le respect rigoureux des lois et règlements du pays d’accueil comme socle indispensable d’une cohabitation paisible : « Tant que nous respectons ces règles, nous pourrons vivre ici cent ans sans le moindre problème. » Il a ainsi appelé ses administrateurs et concitoyens à ne pas céder aux provocations et à faire preuve de patriotisme et de maturité.
Cette prise de parole de la diplomatie guinéenne fait écho à la déclaration ferme du gouvernement sénégalais. Le 8 septembre 2026, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Al Aminou Lo avait lui-même condamné avec vigueur la recrudescence des discours xénophobes, exigeant l’arrêt immédiat de toute forme de stigmatisation à l’encontre des communautés étrangères établies au pays de la Teranga.
