Le bras de fer au sommet de l’appareil d’État vient de franchir un nouveau cap décisif. Vingt-quatre heures après la sortie médiatique ultra-offensive d’Ousmane Sonko qualifiant les ministres maintenus de simples détenteurs de « strapontins individuels » et actant leur exclusion de fait, la réplique ne s’est pas fait attendre. Moussa Bala Fofana, Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, a brisé le silence pour revendiquer haut et fort son autonomie républicaine face aux injonctions du parti.
🛡️ Le choix de la conscience contre la logique partisane
Loin de se murer dans le silence ou d’adopter une posture défensive, Moussa Bala Fofana assume pleinement d’avoir passé outre le mot d’ordre du Comité exécutif de PASTEF.
- Une décision en toute liberté : « Oui, j’ai agi en toute liberté et à titre personnel », réplique d’emblée le ministre, balayant les accusations d’addiction aux privilèges du pouvoir. Pour lui, ce maintien au sein du gouvernement d’Ahmadou Alamine Mohamed Lo n’est dicté ni « par défiance, ni pour conserver une fonction ».
- Le sens du sacrifice politique : Le ministre de l’Urbanisme avoue avoir posé cet acte en toute lucidité, mesurant parfaitement le prix à payer : « J’ai agi en sachant pertinemment que j’allais perdre une famille politique, des compagnons de combat et faire face aux critiques, aux calomnies et aux insultes ».
📜 La primauté de la Nation sur l’appareil du parti
Face au recadrage d’Ousmane Sonko, le ministre oppose une haute idée du service public et le respect des engagements pris devant le peuple sénégalais lors de la présidentielle de 2024.
Placé devant un arbitrage éthique cornélien, Moussa Bala Fofana justifie son divorce tactique par l’intérêt supérieur de la patrie :
« Entre une logique partisane et ce que je considérais être mon devoir envers la Nation, à savoir honorer notre part des promesses faites au peuple sénégalais lors de la campagne de 2024, j’ai choisi de poursuivre la mission qui m’avait été confiée au service du Sénégal ».
Pour le ministre, la continuité de l’État et la mise en œuvre des réformes de l’Urbanisme et de la décentralisation priment sur les états d’âme militants. Sa formule claque comme un manifeste républicain : « Je demeure convaincu que nos destins individuels, nos différends et nos contradictions personnelles pèsent peu face aux exigences de l’intérêt supérieur de la Nation. Le Sénégal est plus grand que chacun d’entre nous ».
🤝 Entre rupture politique et complicité intellectuelle inaltérable
Malgré la violence de la rupture institutionnelle, Moussa Bala Fofana refuse de céder à l’animosité et choisit d’élever le débat. Il a tenu à réitérer des propos d’une grande fraternité à l’endroit du Président de l’Assemblée nationale, réaffirmant qu’Ousmane Sonko demeure pour lui « un grand frère, un compagnon de lutte et une personnalité pour laquelle je conserve de l’estime, du respect et de la considération ».
Pour sceller cette élégance républicaine, le ministre a convoqué leur histoire commune et leur passé de chercheurs :
« Dans une œuvre intellectuelle sur la décentralisation, où chacun a écrit sa part, nous avons scellé un lien du savoir. Rien de ce qui se passe aujourd’hui ne saurait effacer cette histoire commune ».
