Dakar, 11 mars 2026. La presse sénégalaise de ce mercredi se penche sur trois dossiers majeurs : le vote ce jour à l’Assemblée nationale du projet de loi durcissant les peines contre les actes contre-nature ; la riposte massive des syndicats de santé contre les conclusions du ministre Ibrahima Sy sur l’affaire Softcare, avec une grève imminente annoncée ; et une initiative originale à Louga où les eaux usées de l’ONAS irriguent des exploitations agricoles, générant emplois et légumes frais pour plusieurs villes du pays.
Vote historique à l’Assemblée nationale sur les actes contre-nature
Un texte adopté en Conseil des ministres le 18 février
Sud Quotidien annonce que le projet de loi n°05/2026 modifiant l’article 319 du Code pénal sera soumis au vote des députés ce mercredi 11 mars en séance plénière. Adopté en Conseil des ministres le 18 février dernier, le texte vise à renforcer l’arsenal répressif contre les actes contre-nature et à introduire de nouvelles incriminations, dans un contexte judiciaire marqué par des affaires retentissantes impliquant des personnalités publiques.
Un débat sociétal ravivé par les affaires en cours
Les dossiers judiciaires en cours — impliquant notamment des personnalités poursuivies pour actes contre-nature, transmission volontaire du VIH et blanchiment de capitaux — ont considérablement accéléré la mise à l’agenda de cette réforme législative. Le vote de ce mercredi marquera un tournant dans la politique pénale sénégalaise sur ces questions, malgré les vives réactions qu’il suscite à l’international.
Affaire Softcare : les syndicats de santé contre-attaquent
Le SAMES et le SUTSAS montent au front
Les conclusions du ministre de la Santé Ibrahima Sy sur l’affaire Softcare n’ont pas convaincu les syndicats du secteur. Bien au contraire. L’As rapporte que le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (SAMES) et le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’Action sociale (SUTSAS) ont tenu une conférence de presse pour dénoncer « une tentative de discrédit des inspecteurs de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) » par le ministre.
L’Info parle d’une « riposte massive » des deux organisations, qui ont apporté des précisions et rectifié certaines affirmations du ministre à la suite de la publication du rapport du comité ad hoc. Leur conclusion est tranchée : « La décision de retrait et de suspension de la commercialisation des produits Softcare repose sur des bases légales et réglementaires solides. »
Une grève imminente annoncée
Face à ce qu’ils qualifient de mal gouvernance au sein de l’ARP et de mise en cause injuste des inspecteurs ayant lancé l’alerte initiale, les syndicats ont annoncé le dépôt imminent d’un préavis de grève, d’abord à l’échelle de Dakar, puis au niveau national. Une escalade qui pourrait sérieusement perturber le secteur de la santé dans les prochains jours.
Rappel des faits
Tout avait commencé le 8 décembre avec une alerte de l’ARP signalant des matières premières périmées dans l’usine Softcare, filiale d’un groupe chinois spécialisée dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques. L’agence avait ordonné le retrait des produits avant de faire volte-face une semaine plus tard. Une enquête conjointe avait conclu à l’absence de danger sanitaire, mais les syndicats rejettent cette lecture et défendent leurs collègues inspecteurs.
À Louga, les eaux usées de l’ONAS transformées en levier agricole
Le Soleil offre une belle parenthèse positive dans un paysage médiatique dominé par les polémiques. À Touba Seras, à quelques kilomètres de Louga, le bassin d’infiltration des eaux usées de l’ONAS est exploité par des fermes agricoles avec des résultats remarquables. Parmi elles, la ferme moderne Rénovation s’impose comme un modèle d’innovation en horticulture.
En valorisant les eaux du bassin, cette exploitation remplit un double objectif : prévenir les débordements de l’ouvrage d’assainissement tout en développant une production maraîchère dynamique. Elle génère des dizaines d’emplois et approvisionne Louga et plusieurs grandes villes du pays en légumes frais — un exemple inspirant d’économie circulaire appliquée à l’agriculture sénégalaise.
Article rédigé par la rédaction de sami24tv.com
