Le leader mondial du secteur, le malaisien Karex, tire la sonnette d’alarme. En raison des perturbations logistiques et de l’envolée des coûts énergétiques liées au conflit entre Téhéran et Washington, le prix des préservatifs pourrait bondir de 20 à 30 %. Une nouvelle crise qui fait peser un risque majeur sur la prévention des IST et la contraception à l’échelle planétaire.
Kuala Lumpur, Malaisie – Un nouveau « choc » se prépare, et il touche un domaine essentiel de la santé publique. Karex, le géant malaisien qui produit près d’un préservatif sur cinq circulant dans le monde, a annoncé qu’une hausse drastique des tarifs était désormais inévitable.
📈 L’effet domino du conflit Iran-USA
Depuis l’intensification des tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis en février 2026, les chaînes d’approvisionnement mondiales sont sous haute pression. Le secteur de la protection intime est frappé de plein fouet par trois facteurs cumulés :
- L’envolée du pétrole : Avec un baril de Brent dépassant les 120 dollars suite aux blocages maritimes au Moyen-Orient, le coût des dérivés pétroliers nécessaires à la fabrication du latex synthétique, du nitrile et des lubrifiants a explosé.
- L’aluminium et l’emballage : Le prix des feuilles d’aluminium utilisées pour l’emballage individuel des préservatifs a également connu une hausse vertigineuse, renchérissant le coût de revient final.
- Le chaos logistique : Les délais de livraison vers les marchés européens et américains ont doublé. Le fret maritime, perturbé par la situation sécuritaire, pèse de plus en plus lourd dans la facture des distributeurs.
💸 Des prix en hausse de 30 %, voire plus
Le PDG de Karex, Goh Miah Kiat, a été formel : pour compenser ces surcoûts, une augmentation de 20 % à 30 % est prévue sur les prix de gros. Si les tensions persistent, cette hausse pourrait être encore plus marquée d’ici la fin de l’année.
Cette décision impacte directement les grandes marques comme Durex ou Trojan, mais elle inquiète surtout les organisations non gouvernementales (ONG) et les programmes de l’ONU qui achètent en masse pour les pays en développement.
⚠️ Un enjeu de santé publique pour l’Afrique
Au Sénégal et dans le reste du continent, où l’accès à une protection abordable est un pilier de la lutte contre le VIH/Sida et les grossesses précoces, cette hausse des prix fait craindre un recul de la prévention.
- Risque de pénurie : Une baisse de la production ou une hausse excessive des prix pourrait limiter les stocks dans les centres de santé communautaires.
- Accès réduit : Pour les populations les plus vulnérables, une augmentation de 30 % pourrait rendre l’achat de préservatifs rédhibitoire, augmentant mécaniquement les risques sanitaires.
Karex, qui fournit également de nombreux gouvernements, espère une désescalade rapide pour stabiliser le marché. En attendant, le « caoutchouc » risque de devenir un produit de luxe pour beaucoup.
