Face aux députés, le général Birame Diop, ministre des Forces armées, a profité de son passage à l’Assemblée nationale pour clarifier plusieurs points sensibles liés à la sécurité du pays. Interpellé sur les défis persistants en Casamance, la pression aux frontières orientales et la menace djihadiste dans la sous-région, le ministre a insisté sur le caractère anticipatif de la stratégie nationale.
« Nous n’attendons pas que l’insécurité nous tombe dessus. Nous nous préparons à l’avance. La prévention est au cœur de notre action », a-t-il affirmé devant la représentation nationale.
Casamance : une paix réelle mais encore fragile
Les députés ont longuement abordé la situation en Casamance, où les avancées du processus de paix restent notables, mais insuffisantes pour dissiper toutes les inquiétudes. Mines antipersonnel, poches d’instabilité et présence sporadique d’éléments armés continuent de menacer la stabilité de la région.
Le général Birame Diop a toutefois voulu rassurer :
« La situation est sous contrôle, même si elle requiert une vigilance permanente. »
Il a rappelé que des opérations de sécurisation et de ratissage se poursuivent, avec l’implication des populations locales, afin de consolider durablement la paix. Il a aussi souligné l’importance du dialogue, du désenclavement et du développement économique pour refermer définitivement cette plaie ouverte depuis plusieurs décennies.
Frontières orientales : un dispositif renforcé
Les zones frontalières avec le Mali préoccupent particulièrement les parlementaires, en raison de la montée des attaques dans les pays voisins et de la menace de débordement vers le Sénégal.
Le ministre a expliqué que l’État a « renforcé significativement le dispositif sécuritaire » grâce à des patrouilles régulières, des postes avancés et une coopération accrue avec les pays limitrophes. Il assure que l’armée demeure en alerte permanente, prête à réagir rapidement en cas de menace.
Menace djihadiste : un risque pris très au sérieux
Face à la progression de groupes terroristes dans certaines zones d’Afrique de l’Ouest, les députés ont interrogé le ministre sur la capacité du Sénégal à faire face à cette menace transfrontalière.
Le général Birame Diop a reconnu la gravité du danger, tout en précisant que le Sénégal n’est pas directement ciblé à ce jour. Il a insisté sur la nécessité :
- d’un renseignement robuste,
- d’une coopération internationale renforcée,
- et d’une veille communautaire active, surtout dans les zones frontalières.
La prévention reste, selon lui, l’un des piliers les plus efficaces contre les tentatives d’infiltration.
Un message d’unité derrière les Forces armées
Pour conclure, le ministre des Forces armées a lancé un appel à l’unité nationale autour de la question sécuritaire.
« Face aux menaces multiformes — terrorisme, criminalité transfrontalière, instabilité régionale — le pays doit rester soudé et soutenir sans faille ses forces de défense. »
Il a rappelé que l’armée sénégalaise doit conserver son équilibre et sa capacité opérationnelle :
« L’armée doit dominer le terrain, s’entraîner, maintenir sa posture pour défendre l’intégrité territoriale à tout moment. »
Entre vigilance, anticipation et coopération, le Sénégal entend maintenir une ligne de fermeté face aux défis sécuritaires qui persistent du sud aux frontières de l’Est.
