La revue de presse de ce jeudi est dominée par deux sujets majeurs : l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi renforçant la répression des actes contre nature, et l’annonce gouvernementale du recrutement de 6 850 enseignants et agents de santé au cours de l’année 2026.
Une loi adoptée à une écrasante majorité
L’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement adopté, mercredi, le projet de loi numéro 05-2026 modifiant l’article 319 du Code pénal, relatif à la répression des actes contre nature — expression consacrée par le droit sénégalais pour désigner l’homosexualité. Le vote a été sans appel : 135 voix pour, 3 abstentions, aucune voix contre, en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé.
Le texte introduit plusieurs innovations majeures : une définition plus précise des comportements constitutifs d’actes contre nature, la suppression de la référence aux actes impudiques dans le libellé de l’infraction, ainsi qu’un renforcement sensible des sanctions pénales applicables.
Des débats houleux au Palais Sowéto
Si le résultat du vote paraît consensuel, les débats qui ont précédé ont été tout autre. Le Quotidien décrit des échanges particulièrement tendus au sein de la XVe Législature, entre accusations de proximité avec les mouvements LGBT, dépôts de motions préjudicielles et prises de position morales tranchées.
WalfQuotidien rapporte pour sa part que l’opposition, ultra-minoritaire, a réclamé une criminalisation encore plus ferme de l’homosexualité, en invoquant les engagements de campagne du parti Pastef, aujourd’hui au pouvoir.
Des réserves juridiques sur la portée réelle de la réforme
Derrière l’unanimité de façade, certains observateurs s’interrogent sur l’effectivité réelle de ce durcissement législatif. Le quotidien L’As pointe plusieurs limites techniques et procédurales susceptibles d’atténuer la portée pratique de la réforme.
Selon la publication, le politique pourrait être tenté d’utiliser les leviers procéduraux pour assouplir l’application de la loi, notamment sous la pression de lobbies. Une analyse qui tranche avec le volontarisme affiché lors du vote et qui nourrit un débat de fond sur la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal, ravivé par plusieurs dossiers judiciaires en cours impliquant des personnes poursuivies pour actes contre nature, transmission volontaire du VIH ou blanchiment de capitaux.
6 850 recrutements annoncés dans l’éducation et la santé
En marge de ce débat législatif, le gouvernement a annoncé en Conseil des ministres un vaste plan de recrutement pour 2026 : 4 350 enseignants et 2 500 agents de santé seront recrutés dans les mois à venir, soit un total de 6 850 postes ouverts dans deux secteurs jugés prioritaires.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a souligné, lors de cette réunion hebdomadaire, l’importance capitale du capital humain dans le développement économique et social du pays. Une annonce saluée par plusieurs titres de la presse, dont Sud Quotidien et L’As, qui y voient un signal fort envoyé aux secteurs de l’éducation et de la santé, souvent en tension sur la question des effectifs.
