Réouverture partielle après des affrontements meurtriers
Fermé à la suite des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants opposés à la réforme du système d’attribution des bourses — incidents ayant entraîné, le 9 février, la mort d’Abdoulaye Ba, 21 ans, étudiant en deuxième année de médecine — le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a partiellement rouvert jeudi.#UCAD #Bourses #Éducation #Sénégal
Aux alentours de 10h30, des étudiants regagnaient leurs chambres, bagages en main. Le dispositif sécuritaire est renforcé à l’entrée : la présentation de la carte d’étudiant est exigée pour accéder au campus.
Cette restriction contraste avec un communiqué du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) qui autorisait l’accès sur présentation d’une carte d’identité. En pratique, l’entrée reste interdite aux personnes extérieures à l’établissement.
La décision de réouverture a été prise à l’issue du Conseil d’administration du 19 février 2026. Elle concerne le campus principal, à l’exception des pavillons B et F endommagés, tandis que les six autres campus sociaux doivent accueillir les étudiants progressivement.
La question des bourses au cœur des revendications
Si certains étudiants saluent la reprise, notamment en vue des examens, la colère demeure vive autour des bourses.
Des étudiants interrogés estiment que la réouverture ne règle en rien la question des « rappels » de bourses qu’ils jugent dus.
De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a affirmé devant l’Assemblée nationale que l’État ne doit aucun arriéré aux étudiants.
Il a expliqué que le chevauchement des années universitaires conduisait l’État à verser 16 mois de bourses au lieu de 12, portant la dépense annuelle à 105 milliards de francs CFA, contre un budget voté de 70 milliards.
La réforme annoncée pour 2026 vise ainsi à :
- aligner les paiements sur le calendrier académique (12 mois),
- valoriser le mérite,
- rationaliser les dépenses publiques.
Débat autour d’un commissariat à l’UCAD
Autre point de controverse : l’annonce par le Premier ministre Ousmane Sonko de l’implantation d’un commissariat de police au sein de l’UCAD.
Cette proposition divise :
- Certains étudiants y voient une mesure inutile et regrettable.
- D’autres estiment qu’elle pourrait contribuer à prévenir les violences récurrentes lors des grèves ou élections estudiantines.
Un climat toujours fragile
Malgré la reprise partielle, le climat reste tendu sur le campus de la principale université publique du Sénégal.
Entre réforme des bourses, sécurisation des espaces universitaires et exigences budgétaires de l’État, le dossier demeure un test majeur pour la gestion du dialogue social dans l’enseignement supérieur.
