C’est un tournant historique et profondĂ©ment inquiĂ©tant pour la stabilitĂ© institutionnelle du SĂ©nĂ©gal. Lâaxe de lâExĂ©cutif et du LĂ©gislatif, autrefois soudĂ© par le projet commun de Pastef, vient de voler en Ă©clats. Dans sa livraison de ce samedi 20 juin 2026, le quotidien Les Ăchos dresse un constat implacable : entre le prĂ©sident de la RĂ©publique, Bassirou Diomaye Faye, et le prĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale, Ousmane Sonko, « la guerre larvĂ©e est devenue une guerre ouverte ». DĂ©sormais, « chacun usera des moyens que la station quâil occupe lui confĂšre pour mener la vie dure Ă lâautre ».
âł 1. L’ultimatum de Sonko fixĂ© au lundi 22 juin
Au cĆur de cette crise sans prĂ©cĂ©dent se joue une bataille de procĂ©dures constitutionnelles de haute volĂ©e. Ousmane Sonko a officiellement informĂ© le bureau de l’AssemblĂ©e nationale qu’il avait transmis une demande d’« avis » formelle au chef de l’Ătat concernant des propositions de loi portant rĂ©formes constitutionnelles.
- La date limite : Le successeur de Macky Sall est dĂ©sormais dos au mur et dispose d’un dĂ©lai ultra-court, courant jusqu’au lundi 22 juin 2026, pour se prononcer.
- La riposte du bureau : Le leader de Pastef ne compte pas perdre de temps. Preuve de sa dĂ©termination Ă dicter le tempo, il a dĂ©jĂ convoquĂ© une nouvelle rĂ©union du bureau parlementaire pour le mercredi 24 juin. L’objectif affichĂ© est d’« Ă©tablir le calendrier » dâexamen des textes Ă l’hĂ©micycle, quâune rĂ©ponse Ă©mane du palais prĂ©sidentiel ou non.
đ ïž 2. La stratĂ©gie du court-circuit : Des projets de l’ExĂ©cutif transformĂ©s par les dĂ©putĂ©s
Pour imposer ce bras de fer, les dĂ©putĂ©s fidĂšles Ă la ligne de l’AssemblĂ©e nationale ont employĂ© une manĆuvre parlementaire redoutable. Afin d’Ă©viter un blocage ou un veto de la prĂ©sidence, ils ont transformĂ© ce qui Ă©tait Ă l’origine des projets de rĂ©formes constitutionnelles de lâExĂ©cutif en propositions de loi.
Selon Les Ăchos, cette dĂ©marche chirurgicale vise directement à « court-circuiter le chef de lâĂtat » en le privant de sa prĂ©rogative d’initiative et de contrĂŽle direct sur l’agenda lĂ©gislatif. Pour le quotidien dâinformation, la convocation de la rĂ©union du 24 juin « prouve que lâavis du prĂ©sident de la RĂ©publique ne lie pas » Ousmane Sonko. Lâex-Premier ministre se dit prĂȘt à « passer outre » si la position de Bassirou Diomaye Faye venait Ă contrecarrer ses plans politiques.
