Le message est clair et sans équivoque : la loi d’amnistie ne sera pas un permis d’impunité. Lors d’une conférence de presse de la coalition APTE ce dimanche 26 avril 2026, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a apporté des précisions majeures sur le périmètre d’application de la clémence souveraine, excluant d’office les dossiers les plus sombres.

Dakar, Sénégal – La Garde des Sceaux a profité de cette tribune politique pour rassurer les victimes des troubles récents et fixer le cap de la nouvelle politique pénale du gouvernement.

La Torture et le Sang : Les exclus de l’amnistie

Pour Yassine Fall, il ne peut y avoir de pardon global sans distinction de la gravité des faits. Elle a tracé une frontière infranchissable :

  • Crimes de sang : Toutes les affaires impliquant des pertes en vies humaines feront l’objet de poursuites rigoureuses.
  • Actes de torture : Les traitements inhumains et dégradants sont expressément retirés du champ d’application de la loi d’amnistie.
  • Reddition de comptes : La ministre a martelé que la réconciliation nationale ne peut être décrétée au mépris de la vérité judiciaire. « Les bourreaux devront répondre de leurs actes », a-t-elle insisté.

Vers un mécanisme de réparation pour les victimes

Le ministère de la Justice ne compte pas se limiter aux poursuites. Yassine Fall a annoncé que ses services travaillent activement sur :

  1. L’identification des victimes : Un recensement précis des préjudices subis.
  2. Les mécanismes de réparation : La mise en place de structures permettant aux victimes d’obtenir justice et compensation matérielle ou morale.
  3. L’apaisement durable : Une démarche qui lie la paix sociale à la reconnaissance des souffrances endurées.

Une position de rupture

Cette déclaration marque une rupture avec les inquiétudes d’une partie de l’opinion publique qui craignait que la loi d’amnistie ne serve à blanchir tous les responsables des violences politiques des dernières années. En précisant que la justice passera avant l’apaisement, Yassine Fall tente de concilier l’exigence de vérité et le besoin de stabilité du pays.

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