Invité par Le Soleil à réagir aux déclarations de Madiambal Diagne, qui conteste être mis en cause dans un rapport de la CENTIF, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby a livré, ce jeudi, une mise au point ferme mais pédagogique. Le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières a rappelé d’entrée un point essentiel : la CENTIF est tenue à une obligation de réserve et ne peut commenter « le fond d’une affaire particulière », ni citer de noms, ni dévoiler des éléments d’un dossier en cours.
Sans mentionner directement le patron du groupe Avenir Communication, Cheikh Bamba Siby a tenu à poser « trois principes simples » pour éclairer l’opinion.
1 — La CENTIF n’est pas une juridiction
« La CENTIF n’est ni un tribunal ni un service de police », a-t-il rappelé.
Il s’agit d’un service de renseignement financier chargé de recevoir et analyser les déclarations d’opérations suspectes, de recouper les informations disponibles et, si nécessaire, d’en transmettre un rapport aux autorités compétentes.
2 — La traçabilité des actes est totale
Le président de la CENTIF insiste :
« La chronologie de nos actes est entièrement tracée et documentée. Les dates inscrites sur nos rapports correspondent à l’achèvement des analyses et à la validation collégiale du document. »
Une manière de balayer toute insinuation d’irrégularité ou de manipulation.
3 — Les contestations doivent se faire devant la justice
Dernier point, et non des moindres :
« Si une personne conteste un document ou évoque une irrégularité, le seul cadre légitime pour en débattre est la procédure judiciaire, pas la scène médiatique. »
Autrement dit, le débat doit se tenir devant les juges, non dans la presse.
Cheikh Bamba Siby résume ainsi la mission de son institution : apporter un éclairage technique sur des flux financiers suspects, tandis qu’il revient aux magistrats d’apprécier la portée de ces travaux, en toute indépendance.
Un dossier explosif qui poursuit sa trajectoire judiciaire
En France depuis plusieurs mois, Madiambal Diagne fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise.
Il est visé dans une instruction du Pool judiciaire financier pour :
- association de malfaiteurs,
- escroquerie sur les deniers publics,
- blanchiment de capitaux en bande organisée,
- utilisation de facilités liées à une activité professionnelle,
- et complicité de ces infractions.
Cette procédure s’appuie notamment sur un rapport de la CENTIF mettant en lumière des transactions suspectes entre une société administrée par le journaliste et l’entreprise française Ellipse Projects.
Elle a déjà conduit au placement sous mandat de dépôt de son épouse et de deux de ses enfants, une situation que Madiambal Diagne qualifie de « dossier politique ».
